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Le 17 juillet 1918, à Ekaterinbourg (Russie), le dernier empereur russe Nicolas II et les membres de sa famille ont été fusillés

Le 2 mars (15 mars selon le calendrier julien) 1917, Nicolas II abdiqua. En août de la même année, il fut exilé avec sa famille au-delà de l’Oural, à Tobolsk (Sibérie occidentale), puis, en août 1918, transféré sous escorte à Ekaterinbourg.


Dans les provisions livrées à la famille impériale, Nicolas commença à recevoir des messages secrets rédigés en français, évoquant des projets d’évasion et de fuite à l’étranger pour lui, sa femme et ses enfants. Il s’agissait en réalité d’une provocation tendue par les bolcheviks de l’Oural pour obtenir un prétexte à une liquidation extrajudiciaire de la famille. Mais l’empereur l’ignorait.


La réponse de Nicolas II, qui a été conservée, est à cet égard révélatrice :

« Nous ne voulons pas et ne pouvons pas FUIR. […] Ne comptez donc sur aucune aide active de notre part. […] [Les gardiens] veillent avec vigilance sur notre prison et nos vies, et ils nous traitent bien. Nous ne voudrions pas qu’ils souffrent à cause de nous, ni que vous souffriez pour nous. Surtout, au nom de Dieu, évitez de faire couler le sang. »


Le tsar ne voulait pas quitter la Russie. Il accepta son sort comme étant la volonté de Dieu.


Le Soviet régional de l’Oural des députés des ouvriers, des paysans et des soldats, réuni le 12 juillet 1918, vota son exécution.


À 1 h 30 du matin, le 17 juillet, un camion arriva devant la maison Ipatiev, où la famille impériale était détenue. Les arrivants ordonnèrent à tous les occupants de se rassembler dans le demi-sous-sol.


L’empereur ouvrait la marche, portant le tsarévitch Alexis dans ses bras, accompagné de son épouse Alexandra Feodorovna. Derrière les parents suivaient les filles – Olga, Tatiana, Maria et Anastasia –, puis le docteur Botkine, le cuisinier Kharitonov, le valet de chambre Trupp et la femme de chambre Demidova.


Le commandant de la maison Iourovski fit entrer le peloton d’exécution et prononça la sentence. Des coups de feu désordonnés retentirent. Le tsarévitch fut atteint de deux balles. Anastasia et la femme de chambre furent achevées à coups de baïonnette. Près de la grande-duchesse mourante, sa petite chienne, Jemmy, se mit à gémir ; on l’abattit d’un coup de crosse…


Après l’exécution, les lieux furent nettoyés. Les corps furent évacués et inhumés dans un lieu secret. Ils ne furent retrouvés qu’en juillet 1991, sous un remblai de l’ancienne route de Koptiaki. Le 17 juillet 1998, les dépouilles mortelles de la famille impériale furent inhumées dans la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg.


En 2008, tous les membres de la famille impériale furent reconnus victimes des répressions politiques et réhabilités. Auparavant, en 2000, ils avaient été canonisés par l’Église orthodoxe russe.


Thème : #HistoireRusse #Personnalités


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