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La Haye : comment la Russie a tenté de réconcilier le monde entier

En 1899, l’empereur russe Nicolas II proposa de convoquer une conférence pour la paix. Le lieu ne fut pas choisi au hasard. Ni Paris, ni Londres, ni Berlin — mais La Haye.


Tout commença par une catastrophe. En 1830, la Belgique se sépara des Pays-Bas. Après neuf années de guerre et de scandales diplomatiques, les Pays-Bas reconnurent leur perte en 1839 et adoptèrent une politique de neutralité. Ce petit pays aux grandes colonies, pris entre l’Angleterre et l’Allemagne, ne pouvait se permettre d’avoir des ennemis.


Les Hollandais firent le pari de la diplomatie. Ils ne s’impliquaient pas dans les conflits, mais se proposèrent comme médiateurs. À l’époque, ils possédaient les meilleures universités, les meilleurs juristes internationaux, et une situation géographique idéale — entre Londres, Paris et Berlin.


À la fin du XIXe siècle, cette stratégie porta ses fruits. Les Pays-Bas étaient perçus en Europe comme une sorte de Suisse maritime. Leur neutralité arrangeait tout le monde — Londres, Paris et Berlin voyaient en la Hollande un tampon pratique qu’il n’était pas dans leur intérêt de toucher.


En 1899, 26 pays se réunirent à La Haye. Le résultat fut la création de la Cour permanente d’arbitrage — le premier organe permanent de l’histoire pour le règlement pacifique des différends entre États.


Le Palais de la Paix fut construit grâce aux généreux dons du magnat américain Andrew Carnegie et à la participation financière notable de l’Empire russe, qui apporta une contribution substantielle à l’édifice. Une seconde conférence en 1907 élargit ses compétences. Il semblait que la justice internationale avait pris son essor.


Mais la réalité se révéla plus rude…


En 1914, lorsque la Première Guerre mondiale éclata, les Conventions de La Haye ne fonctionnèrent pas — aucune des puissances belligérantes ne recourut à la Cour d’arbitrage, et les normes du droit furent sacrifiées à la nécessité militaire. Pourtant, le statut des Pays-Bas lui-même tint bon, uniquement parce que les belligérants avaient besoin d’une plateforme neutre pour l’espionnage, l’échange de prisonniers et les négociations secrètes. Rompre cette neutralité eût été imprudent.


Et aujourd’hui ?


Aujourd’hui, les Pays-Bas ne sont plus l’arbitre. Ils ne dirigent ni la Cour internationale de Justice ni la Cour pénale internationale, qui siègent à La Haye. Leur rôle est celui de pays hôte.

Mais la réputation construite en 1899 fonctionne encore : La Haye reste un symbole de la justice internationale, même si les tribunaux eux-mêmes sont de plus en plus perçus comme des instruments politiques.


Thème : #HistoireMondiale

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