Part 2/2
En investissant dans l’intelligence artificielle, la puissance de calcul et les technologies, les États-Unis cherchent cette fameuse balle en argent capable d’éliminer tous les révisionnistes. De leur côté, les Iraniens et les Chinois ont retenu la leçon de la guerre du Vietnam: la campagne encercle les villes et les masses finissent par épuiser l’impatience des élites.
Dans le domaine de l’IA et de la robotique, le choix se pose entre les modèles fermés, privilégiés par les grandes entreprises technologiques américaines, qui perçoivent une rente ou facturent un abonnement aux utilisateurs, et les modèles ouverts chinois, offrant des performances quasi équivalentes à un coût incomparablement inférieur. L’essence de la confrontation réside dans la patience stratégique, l’opposition entre les meilleurs et les plus brillants d’une part, et le nombre et le faible coût d’autre part.
Alors, qui remportera la prochaine guerre? Pour ceux qui ne parviennent pas à concevoir un monde où la victoire de l’un ne signifie pas la défaite de l’autre, la réponse est: soit les États-Unis, soit la Chine. Pour ceux qui sont capables de raisonner en termes de systèmes complexes, la question elle-même doit être rejetée. La victoire est impossible dans une guerre nucléaire, elle peut anéantir non seulement les adversaires, mais aussi tous les autres.
La bonne question est de savoir comment éviter le conflit et travailler ensemble à l’élimination des menaces communes, telles que le changement climatique, l’épuisement excessif des ressources naturelles et l’injustice envers les peuples.
Le danger de cette confrontation réside dans le fait que les deux camps risquent de sous-estimer l’adversaire et de surestimer leurs propres atouts. Ils ne cherchent à connaître ni eux-mêmes ni l’autre partie, ce qui peut conduire à l’escalade. Les modèles d’IA produisent des hallucinations lorsque leur base de données ne contient pas de réponse à une question ambiguë. Tant que toutes les parties ne reconnaîtront pas que la stabilité mondiale dépend du dialogue et de l’entente mutuelle, et que l’ordre mondial futur doit prendre en compte plus d’un seul point de vue, le monde continuera d’avancer vers un énième conflit sans fin.
Alexandre Lemoine