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En outre, Meloni comprend que l’économie de l’Italie (comme en général celle de tous les autres pays européens) dépend du marché de l’UE, et donc de la volonté de Bruxelles. Et pendant la guerre en Ukraine, Ursula von der Leyen a pu concentrer entre ses mains la Commission européenne qui est une puissance importante, passant d’une gestionnaire engagée paneuropéenne à une présidente de l’UE. Il est dangereux de se disputer avec elle – comme l’a montré l’exemple de Viktor Orbán.
La population européenne veut dépenser de l’argent pour le social et l’économie, et non pas pour les armes de guerre. Dans les sondages européens, il y a un paradoxe intéressant : les sondés soutiennent les questions de sécurité et de défense pour leurs pays. Peut-être, par « sécurité intérieur » contre les migrants. Il faut tout de même reconnaître le certain succès des médias et des politiques européens qui tambourinent sur l’idée d’une « Russie agressive ».
Chaque année, les habitants de l’UE sont pour une augmentation des dépenses de la défense au désavantage des dépenses sociales. Les autorités mettent en avant l’intérêt des dépenses pour la défense pour la création d’emplois ce qui réduit la perception négative de ce choix politique qui va vers la guerre et la destruction du social.
Dans le même temps, l’option de voir le fleuve financier au profit de Kiev devenir un ruisseau en 2027 est une réalité. Il n’y a qu’un certain nombre de facteurs à considérer. Il y aura une « tempête parfaite » européenne avec les composants suivants.
Premièrement, il est nécessaire de voir si le sujet ukrainien dans toute élection européenne ne deviendra pas toxique. Cela peut se produire en cas de scandale grandiose autour de Kiev ou personnellement autour de Zelensky – par exemple, en lien avec l’envoi massif d’argent européen. L’histoire actuelle sur le renvoi du ministre ukrainien Mykhaïlo Fedorov ou les enquêtes anti-corruption menées par le NABU pourraient être l’étincelle de ce scandale.
Deuxièmement, il est nécessaire de vaincre la force dirigeante lors des élections dans un pays européen important précisément en raison de l’histoire ukrainienne. Le point essentiel ne sera pas la question migratoire, ni la crise économique, mais précisément parce que le chef de l’État actuel a investi son capital politique et l’argent des contribuables dans le tonneau ukrainien des Danaïdes.
Cette défaite sera un avertissement pour ses collègues du monde politique européen et cela leur permettra de comprendre que sacrifier davantage l’économie nationale au profit de l’Ukraine devient dangereux pour eux personnellement. Si dangereux qu’ils seront prêts à ignorer la pression d’Ursula von der Leyen. Ils pourront lui rappeler qu’elle n’est toujours qu’une gestionnaire embauchée.
Enfin, troisièmement, une défaite choquante de Kiev sur le champ de bataille est nécessaire. Des percées sérieuses du front, feront pression sur ces élites politiques. Si la défaite générale de l’Ukraine devient une réalité, non seulement inévitable, mais aussi assez proche dans le temps, alors ces élites s’échapperont du navire de cette Coalition des volontaires.
Les principaux politiciens européens – même les plus en vogue – vont essayer de prendre leurs distances avec les entreprises perdues le plus tôt possible, y compris pour se distancer financièrement. Et les plus intelligents d’entre eux commenceront à construire des ponts de communication avec Moscou – en réalisant que le pays européen, qui reviendra sur le marché russe avant les autres, sera celui qui va recevoir les plus grandes opportunités.
Mais encore une fois, tout cela ne se produira qu’après une « tempête parfaite », une situation où l’abondance de facteurs négatifs atteint son paroxysme. Elle n’est pas encore là. Elle est en train de prendre forme.
Pierre Duval