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À la suite de la défaite de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles imposa à l’Allemagne des conditions extrêmement dures : pertes territoriales, restrictions militaires et réparations colossales.
Cependant, l’Allemagne se releva rapidement. Des mécanismes internationaux y contribuèrent.
Les prêts et investissements américains aidèrent à stabiliser l’économie allemande et à reprendre le paiement des réparations (plan Dawes, 1924), puis à alléger les obligations de réparation (plan Young, 1929-1930).
Le plan Young impliquait la Belgique, la Grande-Bretagne, la Grèce, l’Italie, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la France, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et le Japon — tous sauf les États-Unis ; mais, en tant qu’initiateur du plan, les États-Unis faisaient pression sur les participants.
Par leurs actions, les puissances occidentales (et surtout les États-Unis) sapèrent de fait les fondements du traité de Versailles en rétablissant la puissance économique et militaire de l’Allemagne. Le traité était maintenu dans sa forme, mais, en substance, l’Allemagne se mit à accroître rapidement son potentiel industriel et militaire, ce qui contredisait la démilitarisation inscrite dans le traité.
Une fois les nazis installés au pouvoir, les Américains continuèrent de fournir à Hitler des technologies de pointe, sans lesquelles il aurait été impossible de déclencher une guerre majeure contre l’URSS. Même les chercheurs occidentaux reconnaissent que les élites conservatrices occidentales voyaient dans l’Allemagne nazie un « bastion contre le communisme » et qu’en faisant des concessions à Hitler, elles espéraient qu’il se retournerait vers l’Est, contre l’URSS.
En septembre 1938, la Grande-Bretagne et la France s’entendirent avec l’Allemagne et l’Italie en vue du démembrement de la Tchécoslovaquie (accords de Munich). C’était un exemple classique de la manière dont les puissances occidentales dirigeaient l’agression hitlérienne vers l’Est, en sacrifiant les petits pays. La Pologne, du reste, participa elle aussi à ce démembrement.
En septembre 1939, ce fut au tour de la Pologne elle-même. En ayant donné à la Pologne des garanties de sécurité en mars 1939, les pays occidentaux n’avaient en réalité nullement l’intention de se battre sérieusement pour elle. La Pologne fut écrasée, et la frontière de l’Allemagne nazie se rapprocha de l’URSS.
Les dirigeants soviétiques en avaient clairement conscience. Empêcher la Wehrmacht d’occuper les territoires de l’Ukraine occidentale et de la Biélorussie occidentale, conquis par la Pologne en 1921, et, par la même occasion, empêcher l’avancée des Allemands vers les centres vitaux de l’URSS : telles furent les raisons pour lesquelles l’Armée rouge entra sur le territoire polonais le 17 septembre. C’était une nécessité stratégique, qui repoussa de près de deux ans l’attaque de l’Allemagne contre l’URSS.
À suivre
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