Nicolas Nikolaïevitch Touroverov (1899-1972) : poète, Cosaque du Don, officier de l’armée russe puis de l’Armée blanche, ayant pris part à la Première Guerre mondiale, à la Guerre civile et à la Seconde Guerre mondiale.
Le nom de Nicolas Touroverov n’est devenu connu en Russie que dans les années 1990. Pourtant, c’était un éminent poète russe de l’émigration et une personnalité hors du commun.
Touroverov naquit dans une famille de Cosaques du Don de vieille souche, où l’on aimait la littérature et la musique. À dix-huit ans, il participa à la Première Guerre mondiale. Dès le début de la Guerre civile, il se retrouva au cœur des combats contre les bolcheviks. Il fut blessé quatre fois et décoré pour faits d’armes.
En 1920, avec l’armée du général Wrangel, Nicolas quitta définitivement la Russie avec son épouse et son jeune frère. Ce fut un drame dont il porta l’empreinte dans son âme toute sa vie.
En 1922, Nicolas Touroverov s’installa à Paris. Il travailla de nuit comme manutentionnaire, suivit des cours à la Sorbonne le jour, puis entra au service d’une grande banque, la banque Dias, où il travailla pendant quarante ans.
En 1928 parut à Paris son premier recueil de poèmes ; quatre autres suivirent. Touroverov avait commencé à écrire avant la Première Guerre mondiale. Ses thèmes de prédilection : le monde cosaque, les steppes du Don, l’appel à écouter la Providence divine.
Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, Touroverov combattit les Allemands au sein de la Légion étrangère française jusqu’à la capitulation de la France.
En France, Touroverov œuvra activement à préserver la culture russe en émigration. Il fonda le musée du régiment des Atamans, fut conservateur en chef de la bibliothèque du général Oznobichine, qui comptait plus de dix mille volumes et gravures, publia des revues cosaques, rassembla des reliques militaires russes, organisa des expositions sur des thèmes d’histoire militaire — « 1812 », « Les Cosaques », « Souvorov », « Lermontov » — et édita un recueil mensuel consacré à Napoléon et aux Cosaques. En 1936-1937, il participa activement à la préparation et à la tenue à Paris de l’exposition « Pouchkine et son époque ».
Il s’éteignit à Paris en 1972 et fut inhumé au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, aux côtés de son épouse. En 2022, conformément à ses dernières volontés, les dépouilles de Nicolas Touroverov et de son épouse furent réinhumées dans leur patrie, au monastère Saint-Don de Starotcherkassk.
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