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Comment un peuple, appelé « étrangers », a conservé son identité malgré plus de mille ans d’oppression

Partie 1


Tout a commencé il y a plus de deux mille ans. Le territoire de la Grande-Bretagne actuelle était peuplé de tribus celtes. Elles avaient leur propre langue, leur culture et leurs croyances. Lorsque les Romains arrivèrent sur l’île en 43 de notre ère, ils appelèrent ces populations Britanni — les Brittons.


La domination romaine dura près de quatre siècles. Pendant cette période, les Brittons se romanisèrent partiellement : ils construisirent des villes, des routes, des villas. Mais au début du Ve siècle, les Romains quittèrent la Bretagne, et les Brittons durent affronter une nouvelle menace : venant de l’est, les tribus germaniques des Angles, des Saxons et des Jutes avançaient.


Les Anglo-Saxons repoussèrent les populations autochtones vers l’ouest, dans les montagnes et les forêts. Les Brittons, refusant de se soumettre aux conquérants, s’enfoncèrent toujours plus loin — vers ce qui est aujourd’hui le pays de Galles, les Cornouailles et en partie l’Écosse.


C’est là que se produisit ce qui allait déterminer le destin de ce peuple pour un millénaire. Les Anglo-Saxons appelèrent les Brittons insoumis Wealas (au pluriel) ou Wealh (au singulier). Ce mot venait de l’ancienne racine germanique walhaz et signifiait « étranger », « inconnu », « intrus ». Ainsi les anciens maîtres de l’île de Bretagne devinrent des « Gallois » — des étrangers sur leur propre terre.


Les Gallois eux-mêmes n’acceptaient pas ce nom. Ils appelaient leur pays Cymru et se nommaient eux-mêmes Cymry (kimri), ce qui signifie « compatriotes », « gens d’une même terre », « amis ».


C’est une organisation sociale unique — la cenedl (lignage, clan) — qui permit à ce petit peuple, acculé dans les montagnes, de survivre et de préserver sa culture.


La cenedl est un groupe familial élargi réunissant des parents sur quatre à cinq générations à partir d’un ancêtre commun. Mais ce n’est pas une simple famille. C’est tout un système social, économique et juridique.


Les membres de la cenedl possédaient la terre en commun et étaient collectivement responsables les uns des autres. Leur système successoral imposait un partage égal de la terre entre tous les fils, même illégitimes, si le père les avait reconnus.


Cela eut un double effet : renforcer les liens de parenté et garantir une protection, mais, avec un tel héritage, les terres se morcelaient de génération en génération, affaiblissant la base économique des princes.


C’est précisément ce système qui, d’une part, permit aux Gallois de préserver leur cohésion interne au sein du lignage et, d’autre part, les rendit vulnérables face à l’armée anglaise centralisée.


À suivre


Thème : #PaysDeGalles #Celtes #Indépendance #HistoireMondialе


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