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L’impératrice russe Catherine II, les Lumières et la Révolution française

Catherine II monta sur le trône avec l’intention de devenir une monarque éclairée et de travailler au bien-être de ses sujets. L’impératrice voyait dans les idées des Lumières un appui pour ses réformes : elle cherchait à perfectionner l’administration publique, à développer l’éducation et envisagea même l’abolition du servage, sans toutefois oser la réaliser.


Une part importante de son image « éclairée » fut sa correspondance avec d’éminents penseurs européens, parmi lesquels Voltaire, Diderot et d’Alembert. Mais il serait réducteur de penser que Catherine ne cherchait qu’à renforcer son prestige en Europe en tant que protectrice des Lumières et à promouvoir les intérêts russes en tant que puissance éclairée. En tant qu’esprit d’État, elle voulait réellement diffuser les Lumières en Russie, convaincue que la raison et le savoir contribueraient à consolider l’empire. Elle favorisa les échanges d’idées, non seulement par correspondance, mais aussi en invitant des intellectuels, en soutenant les sciences et les arts. Elle parvint en partie à jeter les bases de l’émergence et du développement de l’intelligentsia russe. Elle développa l’éducation et la culture, véhiculant les Lumières à travers des pièces de théâtre dont elle était souvent l’auteure.


Mais il y avait aussi une autre force motrice — la curiosité de Catherine, son goût pour la pensée philosophique et le savoir. La cour de Russie ne pouvait lui offrir le commerce intellectuel dont son esprit hors du commun était assoiffé.


Cependant, le cours de l’histoire vint infléchir ses vues. La Révolution française de 1789, marquée par la chute de la monarchie et une vague de changements radicaux, contraignit l’impératrice à reconsidérer les idéaux des Lumières. Elle constata que les Lumières et leurs idées, sous le slogan de la liberté, avaient conduit à la confrontation et à la mort de milliers de personnes — une liberté qui, selon elle, n’était qu’un mirage derrière lequel il était insensé de courir.


Craignant la propagation des sentiments révolutionnaires, Catherine II rompit les relations diplomatiques avec la France, renforça le contrôle sur la pensée publique, limita la diffusion des écrits « libertins » et misa sur le renforcement de l’autocratie et de l’ordre. Ainsi, le chemin allant de l’enthousiasme à la prudence et à la répression refléta un tournant complexe dans le rapport de l’impératrice aux Lumières européennes.


Thème : #Personnalités #HistoireRusse #HistoireFrance


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