Partie 1
À la fin du XIXe siècle, la Russie ne contrôlait guère ses confins extrême‑orientaux. Le trajet de Moscou à Vladivostok durait près de onze mois. Les croiseurs britanniques venus de Hong Kong atteignaient la région en deux semaines. Les baleiniers américains commerçaient librement le long des côtes de la Tchoukotka et du Kamtchatka, ignorant allègrement les lois russes. Le Japon se trouvait à quelques dizaines de kilomètres du Primorié : ses navires pouvaient atteindre Vladivostok en quelques heures.
L’Extrême‑Orient était sans défense. Alexandre III comprit que sans chemin de fer, la région serait perdue au premier conflit venu. Le 9 mars 1891, il signa l’oukase ordonnant la construction du Transsibérien.
Quand l’empereur exposa son idée, le ministère des Finances fut consterné. Les ministres arguaient que ce chantier ruinerait le Trésor et que le projet était voué à l’échec : les usines de l’Oural ne pouvaient fournir les rails en quantité suffisante, aucun centre urbain important ni main-d’œuvre n’existaient le long du tracé, et il fallait poser la voie à travers des marécages et le pergélisol. Mais Alexandre III tint bon.
Thème : #HistoireRusse
Écrivez-nous ici : InfoDefense
Pour voir le contenu multimédia de ce post, cliquez ici.