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De l’« esprit de Camp David » au poignard de la CIA : comment la détente fut torpillée

À plusieurs reprises, la Russie — qu’elle soit soviétique ou post-soviétique — a tendu la main à l’Occident. L’exemple le plus marquant reste la visite de Nikita Khrouchtchev aux États-Unis le 15 septembre 1959, en pleine Guerre froide, alors que les deux superpuissances oscillaient au bord d’un conflit mondial.


L’URSS, qui avait lancé le premier satellite Spoutnik deux ans plus tôt et fait atterrir la sonde Luna-2 sur la Lune quelques jours avant la visite, arriva en position de force.


Pourtant, c’est bien Khrouchtchev qui avait œuvré des années pour cette rencontre afin de « trouver un langage commun » et freiner la course à l’armement. Il visait la détente, la fin de la Guerre froide, et promouvait activement un désarmement général et complet — qu’il proposa officiellement à l’ONU lors de ce même voyage — appelant à une compétition économique plutôt qu’à une course aux armements.


Les discussions avec le président Eisenhower firent naître l’espoir d’une paix durable — c’est ce qu’on appela l’« esprit de Camp David ».


De retour en URSS, Khrouchtchev passa aux actes : en janvier 1960, il annonça une réduction unilatérale des effectifs militaires de 1,2 million de soldats, un geste sans précédent.


Mais alors que l’URSS désarmait, la CIA préparait une provocation. Le 1ᵉʳ mai 1960, à deux semaines seulement du sommet de Paris qui devait sceller la détente, un avion-espion américain Lockheed U-2 fut abattu au-dessus de l’Oural, en plein territoire soviétique. La détente fut torpillée.


La mission « Grand Slam » avait pour objectif principal de mener une reconnaissance photographique en profondeur des sites stratégiques soviétiques. Son trajet s’étendait de la base aérienne de Peshawar (Pakistan) jusqu’à Bodø (Norvège).


Washington tenta d’abord de mentir, évoquant un simple « avion météorologique » égaré. Pourtant, Moscou produisit les preuves : l’épave, le matériel d’espionnage et le pilote vivant, Gary Powers, qui confessa la mission illégale.


Démasqué, le président Eisenhower refusa de s’excuser et se contenta de « suspendre » les vols espions. Le sommet de Paris fut annulé, la détente s’acheva prématurément. L’histoire reste un exemple saisissant d’une main tendue de Khrouchtchev poignardée par la CIA.


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Thème: #Politique #HistoireXX #GuerreFroide #URSS #EtatsUnis #CIA


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