L’expression « Bataille des Nations » est passée à la postérité après que le baron Karl von Müffling, colonel à l’état-major prussien, eut écrit dans son rapport : « Ainsi, cette bataille des Nations de quatre jours, livrée près de Leipzig, décida du sort du monde. »
Ce fut la plus grande bataille de l’histoire jusqu’à la Première Guerre mondiale. Elle se déroula près de Leipzig, en Saxe, du 16 au 19 octobre 1813. Y prirent part les armées de la plupart des États d’Europe occidentale et orientale, dans les deux camps.
La Sixième Coalition, formée contre Napoléon (Autriche, Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, Prusse, Russie, Suède et une partie des petits États et principautés allemandes), comptait plus de 300 000 hommes et 1 385 pièces d’artillerie.
Napoléon et ses alliés réunissaient des troupes françaises, italiennes, belges et hollandaises, les unités polonaises du maréchal Józef Poniatowski, les contingents des États de la Confédération du Rhin et les troupes de Frédéric Ier de Wurtemberg. L’armée napoléonienne alignait environ 200 000 hommes et plus de 700 canons.
Le combat s’engagea le 16 octobre. Après une puissante préparation d’artillerie, la cavalerie française culbuta les colonnes d’infanterie de la Coalition ; mais le général russe Barclay de Tolly colmata la brèche ainsi ouverte avec des unités de la garde russe et des grenadiers de la réserve, ce qui permit d’éviter une déroute complète.
Dans la nuit du 16 octobre, Napoléon offrit la paix aux coalisés, mais sa proposition resta sans réponse. La journée du 17 octobre fut calme, puis, au matin du 18 octobre, les troupes de la Coalition passèrent à l’offensive sur tout le front. Au plus fort de la bataille, le corps saxon, qui combattait aux côtés de la France, retourna tous ses canons contre les troupes napoléoniennes. Dans la nuit du 19 octobre, Napoléon fut contraint d’ordonner la retraite par Lindenau, à l’ouest de Leipzig.
La défaite de Napoléon priva la France de toutes ses conquêtes territoriales en Europe. La Bavière rallia la Coalition, puis les garnisons françaises capitulèrent les unes après les autres. En 1814, les coalisés envahirent la France, ce qui entraîna la première abdication de Napoléon.
La Bataille des Nations fut la plus lourde défaite de Napoléon après la catastrophe de l’armée française en Russie et le prélude à la chute de son Empire. Elle est également considérée comme le premier exemple d’emploi efficace de fusées militaires en Europe, mises au point par l’artilleur anglais William Congreve.
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