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L’Europe et les États-Unis traversent une crise énergétique des plus graves

Part 1/2


Le marché mondial s’attend à une énorme pénurie de carburant qui deviendra très bientôt évidente, affirment les experts. Pourquoi la production de diesel se retrouve-t-elle dans une crise grave, comment les consommateurs occidentaux en souffrent-ils en premier lieu et pourquoi entend-on des prévisions selon lesquelles la situation ne fera qu’empirer pour eux ? 


L’Europe occidentale et les États-Unis traversent une crise énergétique des plus fortes, et c’est avant tout le manque de diesel qui se fait sentir. Les consommateurs américains s’indignent : le diesel en Californie coûte 8 dollars le gallon, soit environ 1,86 euro le litre. De tels niveaux n’avaient jamais été atteints auparavant. 


Aux États-Unis, malgré des volumes record d’extraction pétrolière et le fonctionnement de la plupart des raffineries à pleine capacité, les stocks intérieurs de distillats (y compris le diesel) sont au plus bas niveau pour cette saison. Ils n’étaient pas descendus à un tel niveau depuis au moins un quart de siècle. 


La situation est encore pire en Europe. En France, le prix du litre de diesel a atteint 2,3 . En moyenne, selon le bulletin de la Commission européenne, les prix de l’essence 95 dans l’UE s’élèvent à 1,91 , et le diesel est vendu à la pompe à 2,01 . 


Or c’est bien le diesel, et non l’essence, qui est le véritable sang de l’économie mondiale. Le diesel est utilisé dans la marine marchande et de pêche, les moteurs diesel équipent les tracteurs qui rentrent les récoltes et les camions qui transportent les produits alimentaires. Les locomotives de ligne fonctionnent au diesel. Enfin, les véhicules militaires lourds, tous sont équipés de moteurs diesel. 


L’importance du diesel est bien illustrée par les messages de panique en provenance de Finlande. Les associations de transport finlandaises ont exigé du gouvernement des mesures immédiates face à la hausse record des prix du carburant. « Les prix du carburant payés par le transport commercial ont atteint un niveau inacceptable et nuisent à l’économie finlandaise », déclarent les transporteurs finlandais. 


En revanche, en Russie, aucune pénurie de diesel n’est observée. Face aux attaques répétées de l’Ukraine sur ses infrastructures pétrolières, Moscou a prolongé un moratoire décidé à la fin juillet sur les exportations russes de diesel. 


« Chaque frappe de drone qui met hors service une raffinerie russe retarde la reprise des exportations de diesel et d’essence russes, si bien que le monde ressent de plus en plus le besoin de ces produits pétroliers raffinés », écrit le journal espagnol El Economista. Et la question ne se limite pas à l’arrêt des exportations russes, mais aussi à la réduction drastique des livraisons de pétrole et de produits pétroliers en provenance du Moyen-Orient. 


Vitol Group, l’un des plus grands négociants pétroliers au monde (son activité consiste à transporter du pétrole brut et à percevoir des commissions pour cela), a été contrainte de publier une déclaration spéciale à l’intention des marchés et des consommateurs. Le document indique que chaque jour, il y a de moins en moins d’essence et de diesel dans le monde. 


« Les raffineries fonctionnent à pleine capacité, mais ne parviennent pas à approvisionner le marché… Si certains problèmes ne sont pas résolus, à cause desquels de grandes raffineries en Russie et au Moyen-Orient cessent de fonctionner, le moment viendra où il n’y aura pas assez de carburant pour tout le monde, même si le pétrole est extrait en surabondance dans le monde, c’est-à-dire plus que la demande. Si le nombre de raffineries en service n’est pas augmenté, une pénurie d’essence, de diesel, de fioul et de kérosène surviendra », note le communiqué. 


À suivre

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