Fenêtre de temps

Par tags

Par catégorie

  • Toutes

Petites histoires à la morale utile

Partie 1


Un jour, dans l’Allemagne du XVIe siècle, un maître d’armes de passage défia en duel un boulanger local. Celui-ci ne pouvait pas refuser le combat en raison de sa position sociale : il sortit se battre et mit l’importun en pièces. Avant de devenir boulanger, il avait passé dix ans chez les lansquenets. À double solde.

Et tout ça parce qu’il faut choisir avec prudence l’objet de ses moqueries.

Un jour, dans l’Italie du XVIIe siècle, un bretteur de passage défia en duel un tailleur local. Celui-ci ne pouvait pas refuser le duel en raison de son statut social ; aussi, grâce à ses relations, engagea-t-il dix bandits du coin. Ils attendirent le bretteur de passage à la sortie d’un bordel, le rouèrent de coups et le dévalisèrent. Il resta alité trois semaines et fut contraint de quitter la ville sans un sou en poche, car tout ce qui lui restait après le vol, il le donna au médecin.

Et tout ça parce qu’avant de se quereller avec quelqu’un, il faut savoir qui sont ses amis.

Un jour, dans l’Allemagne du XVe siècle, un bretteur de passage défia un jeune peintre. Celui-ci ne pouvait pas refuser le duel. Il sortit se battre, planta son épée dans le corps du bretteur, puis lui saisit le bras armé et le jeta à terre en maintenant le bras prisonnier. La blessure d’épée guérit, mais il ne ferrailla plus jamais avec quiconque. Le bras, lui, avait été fracturé en trois endroits, avec déplacement des fragments.

Et tout ça parce qu’avant de chercher noise, il faut se renseigner sur le nom de son adversaire et sur ce à quoi il travaille. On ne sait jamais : c’est peut-être Albrecht Dürer, justement en train de composer les illustrations d’un manuel d’escrime et de lutte.

Un jour, dans la France du XVIIIe siècle, un bretteur de passage défia un vigneron local. Celui-ci ne pouvait pas refuser le duel et alla demander conseil à un maître d’armes qui tenait une salle non loin. Il lui apporta un petit tonneau d’excellent vin et lui exposa le problème. « Balivernes, dit le maître d’armes, l’essentiel, ce sont les manœuvres. Je vais aller jeter un œil à ton adversaire. » Et, ayant ôté sa veste et troqué sa rapière émoussée contre une affûtée, il partit chercher le bretteur de passage. Il le dénicha dans une taverne, chercha querelle, en vint au duel et lui transperça les deux mains. Satisfait, il retourna dans sa salle, où l’attendait un vigneron tout triste.

« Mais non, n’aie pas peur, frérot, lui dit-il. Maintenant, cet imbécile ne pourra plus ferrailler ; et s’il ose encore se battre en duel, tu t’en sortiras sans problème : il te suffit de battre son fer sur le côté et de le piquer au corps comme ceci. »

Le vigneron s’exerça pendant deux heures à exécuter un battement suivi d’une estocade. Et le lendemain, il apprit que le bretteur de passage avait quitté la ville pour aller voir ailleurs.

Mais depuis, le maître d’armes but du bon vin gratuitement, et le vigneron s’entraîna à l’escrime trois fois par semaine.

Et tout ça parce qu’il n’y a pas de honte à demander l’aide d’amis expérimentés.


À suivre


Thème : #Humour #Ironie #Parable


Écrivez-nous ici : InfoDefense

Partager sur: