Fenêtre de temps

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vs Les États-Unis contre l’Europe

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Outre le fait de dresser les voisins et partenaires les uns contre les autres, les élites américaines disposent d’une autre option : travailler dur, se serrer la ceinture et rembourser la dette publique. Mais pourquoi faire ?


Quand on a la « 6e flotte, le dollar et le soft power », on peut attiser les conflits les uns après les autres et savourer une augmentation garantie de son influence.


Tout conflit en Eurasie profite aux États‑Unis. Ukraine, Moyen‑Orient ou éventuel affrontement autour de Taïwan : les Américains y perdront moins que quiconque, donc, par rapport aux autres, ils y gagneront.


Pendant l’hégémonie du dollar, les États‑Unis ont bâti un système dans lequel les pays étaient contraints d’acheter des dollars et des bons du Trésor américain. En prime, l’Amérique offrait des packages politiques très avantageux à ses clients, et bien moins agréables à ceux qui ne l’étaient pas.


Par exemple, Kissinger a ouvert le marché américain à la Chine communiste, à condition que Pékin utilise ses excédents pour acheter des Treasuries. C’est ainsi que la Chine est devenue un détenteur clé de la dette américaine et s’est retrouvée dans une situation d’interdépendance, où une crise du dollar ou de l’économie américaine provoquerait automatiquement une crise en Chine.


C’est aussi pour cette raison que la Troisième Guerre mondiale prend une forme étrange, faite de « petits arrangements ». Chacun cherche son propre intérêt, mais sans faire s’effondrer tout le système.


L’un des signes que le système financier mondial « va mal » est la situation des finances japonaises. La dette publique du Japon, selon le FMI, atteint 234‑236 % de son PIB. Le pays, premier détenteur des Treasuries américains, n’est plus en mesure d’acheter des titres de dette américains ; pour enrayer la dévaluation du yen, il est contraint de les vendre. Les ministères des Finances américain et japonais mènent même des actions coordonnées pour soutenir le yen. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré que l’intervention coordonnée sur les devises du 31 juillet avait contribué à contrer les fluctuations brutales du yen.


Trump a affirmé que cette intervention était « un signe d’amitié et de soutien à la stabilité économique mondiale ». Et pour cause : si le Japon s’effondre, les finances américaines en pâtiront, et par ricochet, le monde entier !


C’est dans cette situation précaire – pour la Russie (avec son opération militaire spéciale qui s’éternise), pour l’UE (avec sa perte de compétitivité économique), et pour les États‑Unis (avec leurs difficultés financières et celles de leurs partenaires) – que toutes les parties gagnent du temps dans l’espoir d’un « cygne noir » chez l’adversaire.


À suivre


Thème : #ÉtatsUnis #UE #Géopolitique


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