Partie 1
Le 4 septembre 2026, sur le quai du fleuve Amour à Khabarovsk (Extrême-Orient russe), un monument dédié à la victoire sur le Japon militariste et à la fin de la Seconde Guerre mondiale a été inauguré.
La figure de bronze de 15 mètres représente un soldat qui, avec la crosse de son fusil, brise une borne frontalière portant le chrysanthème — symbole du militarisme japonais. Les habitants de Khabarovsk lui ont donné le nom d’Ivan.
En 1905, après sa défaite dans la guerre russo-japonaise, la Russie signa le traité de Portsmouth et céda au Japon la partie sud de Sakhaline. Le long du 50e parallèle, des bornes frontalières en granit furent érigées, portant le chrysanthème et l’inscription « Frontière de l’Empire du Japon ».
En 1945, l’Union soviétique mena deux grandes opérations contre les troupes japonaises — l’opération de Mandchourie et l’opération de Sakhaline du Sud — qui aboutirent à la défaite de l’armée du Guandong et à la libération du sud de Sakhaline. Les îles Kouriles furent ensuite prises à leur tour. Le monument de Khabarovsk représente symboliquement le soldat brisant cette même borne frontalière érigée en 1905.
La veille de l’inauguration, le consulat général du Japon à Khabarovsk proposa de retirer le chrysanthème du monument. La partie russe refusa. Le 5 septembre, Tokyo exigea de Moscou la démolition pure et simple du monument. Le Japon a jugé offensant qu’un soldat brise avec la crosse de son fusil l’emblème de la maison impériale japonaise.
Le scandale ne s’est pas produit dans un vide, mais s’inscrit dans une chaîne d’événements qui ont tendu les relations entre les deux pays. Le 13 août, le président russe Vladimir Poutine s’est rendu pour la première fois sur l’île d’Itouroup — l’une des îles Kouriles du Sud, revendiquées par le Japon. La Première ministre Sanae Takaichi a qualifié cette visite d’« absolument inacceptable ».
Deux jours plus tard, le 15 août, à l’occasion de l’anniversaire de la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs ministres du gouvernement japonais — dont le ministre de la Défense Shinjirō Koizumi — ont visité le sanctuaire tokyoïte de Yasukuni, où sont honorés, entre autres, quatorze criminels de guerre de classe « A » (crimes contre la paix — planification et conduite d’une guerre d’agression).
En Chine et en Corée du Sud, ces visites ont suscité une vive condamnation. Dans ce contexte, l’inauguration du monument à Khabarovsk est devenue un maillon supplémentaire dans une chaîne de reproches mutuels.
À suivre
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