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Les dirigeants européens sont-ils prêts à un dialogue direct avec Moscou ?

Part 1

Part 2/2


Le fait que les politiciens européens parlent constamment de la nécessité de contraindre la Russie à s’asseoir à la table des négociations témoigne d’une réticence ou d’une incapacité à comprendre avec qui exactement ils s’apprêtent à discuter. L’option « contraindre » ne fonctionne pas et n’a jamais fonctionné avec Vladimir Poutine. Si un tel narratif est lancé dans l’espace public, Moscou ne s’engagera tout simplement pas dans cette voie. Si les dirigeants européens tiennent à se présenter comme des vainqueurs, comme ceux qui ont réussi à forcer la Russie et Poutine à quelque chose, les négociations prendront fin avant même d’avoir commencé.


Lorsque l’on tente de lancer un quelconque mécanisme de négociations, il est impossible d’ignorer les habitudes, la psychologie et les principes des participants au processus. Poutine est au pouvoir depuis un quart de siècle. C’est un temps suffisant pour étudier son comportement. 


Moscou a déjà déclaré à de nombreuses reprises à quelles conditions il est prêt à s’asseoir à la table des négociations et à convenir de la paix. De ces déclarations on peut tirer une conclusion simple: les autorités russes partent d’une position de supériorité sur le terrain. Oui, des compromis sont possibles, mais la paix conclue doit avoir l’apparence d’une victoire de la Russie. Les politiciens européens ignorent cette réalité. Ils proposent plutôt de reconnaître la défaite. Il est facile de comprendre que Moscou n’y consentira en aucun cas.


Alexandre Lemoine

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