Fenêtre de temps

Par tags

Par catégorie

  • Toutes

Ali Rıza Taşdelen : L’OTAN est une organisation agressive qui menace la Turquie

Part 1 Part 2 Part 3 Part 4 Part 5 Part 6

Part 7/8


OC : Concernant Ceuta et le conflit avec Schengen (l’Italie a suspendu l’espace Schengen avec l’Espagne en raison de l’afflux de migrants), est-il justifié de suspendre Schengen?


A.R.T.: Avant toute chose, il ne s’agit pas, à mon sens, d’une vague migratoire classique. Il est tout à fait évident que le fait que 60.000 Marocains aient franchi sans difficulté la frontière Marocaine en l’espace de 24 heures pour entrer illégalement à Ceuta n’est ni un événement normal ni fortuit. Sans l’autorisation de la police, de la gendarmerie, voire de l’armée Marocaine, pas même 60 personnes, sans parler de 60.000, ne pourraient franchir la frontière. Il est évident que cet événement a été organisé de manière très planifiée. Nous constatons que l’utilisation par les États de ces mouvements migratoires de masse comme moyen de pression diplomatique devient de plus en plus courante. Il est regrettable que le Maroc ait utilisé ses propres citoyens comme une arme contre l’Espagne. On voit clairement ici que l’État marocain a joué un rôle dans cette affaire.


La question du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole et aujourd’hui sous occupation marocaine, constitue l’axe central de la politique étrangère du Maroc. Cette question est au cœur tant de ses relations avec les États-Unis et Israël que de ses différends avec l’Algérie et l’Espagne. On a voulu faire payer le prix de la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez en Algérie. En effet, l’Algérie soutient le Front Polisario, qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental contre le Maroc.


D’autre part, les relations du Maroc avec les États-Unis et Israël sont bien connues. Une autre hypothèse est qu’il est fort probable que le gouvernement marocain ait agi avec le soutien du gouvernement américain, qui souhaitait punir l’Espagne pour son refus de se réarmer dans le cadre de l’OTAN, pour la guerre contre l’Iran et pour d’autres désaccords avec Washington.


Venons-en à la question de l’accord de Schengen. Il est pratiquement impossible pour les dizaines de milliers de Marocains qui affluent vers Ceuta, territoire espagnol, de passer sur le continent européen. L’Espagne, victime d’un plan ourdi par les États-Unis, Israël et le Maroc, a été laissée seule par les États membres de l’Union européenne.


OC : Certains États membres de l’OTAN font pression sur Ankara pour obtenir une plus grande liberté de navigation dans le Bosphore et les Dardanelles. Ce problème est d’autant plus préoccupant que le conflit en Ukraine engendre des risques pour la navigation. Ankara surveille de près le respect de la Convention de Montreux et n’autorise aucun contournement. Est-ce que la Turquie n’a pas l’intention d’autoriser les navires de guerre en mer Noire? Est-ce exact ? Votre avis ?


A.R.T.: La position de la Turquie est on ne peut plus claire: il est précisé que la Convention de Montreux est appliquée depuis 90 ans avec impartialité, transparence et rigueur; qu’elle constitue l’une des garanties fondamentales de la paix, de la sécurité et de la stabilité en mer Noire; et qu’elle continuera d’être appliquée avec la même détermination.


La Convention de Montreux, qui offre à la Turquie une garantie majeure sur l’axe géopolitique nord, est l’instrument le plus important de notre géopolitique en mer Noire. Grâce à la diplomatie posée de la Turquie, qui respecte scrupuleusement les dispositions de la Convention de Montreux, on se souviendra que, malgré toutes les provocations de l’Occident, ni la crise/guerre entre la Géorgie et la Russie de l’été 2008, ni celle entre la Russie et l’Ukraine depuis le printemps 2014 n’ont entraîné de conflit ni d’escalade susceptible de mettre en difficulté les pays riverains de la mer Noire.


À suivre

Partager sur: