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Ali Rıza Taşdelen : L’OTAN est une organisation agressive qui menace la Turquie

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L’accord de La Mecque n’est pas un accord anti-israélien. Le président américain Trump a fait une déclaration élogieuse à l’égard de cet accord. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait déclaré à l’agence de presse turque Anadolu le 13 avril, avant la signature de l’accord, que «l’Iran devait faire partie de toute solution dans la région ». Nous en déduisons donc que l’accord n’est pas non plus dirigé contre l’Iran. Alors, contre qui cet accord est-il dirigé ? Cette question reste sans réponse.


OC : Que pensez-vous de la scission au sein de l’opposition et de la création d’un nouveau parti d’opposition en Turquie ?


A.R.T.: Malheureusement, les puissances de l’Atlantique, en tête desquelles figurent les États-Unis, façonnent non seulement le pouvoir, mais aussi l’opposition dans des pays comme le nôtre. Le parti en question est le Parti républicain du peuple (CHP), fondé par Atatürk pendant la Guerre d’indépendance.


Les États-Unis, n’ayant pas réussi à renverser le gouvernement Erdoğan lors du coup d’État de la FETÖ des 15 et 16 juillet 2016, ont cherché à le faire en soutenant l’opposition. En 2020, le président américain Joe Biden a déclaré : « Je pense que nous devons adopter une approche différente à son égard (Erdoğan). Nous devons indiquer clairement que nous soutenons les dirigeants de l’opposition ». En d’autres termes, n’ayant pas réussi à renverser Erdoğan par un coup d’État (hard power), ils ont cherché à le renverser en façonnant et en soutenant l’opposition (soft power).


Ils ont mis Ekrem İmamoğlu sur le devant de la scène. Ils comptaient d’abord en faire le maire d’Istanbul, puis le président de la République Turque. En effet, grâce au soutien des forces Atlantistes (et au soutien actif de la «secte des Süleymancılar», qui fait actuellement l’objet d’une opération et dont les dirigeants ont été arrêtés), il a été élu maire d’Istanbul. İmamoğlu est aujourd’hui en détention, accusé de corruption et de pots-de-vin. Mais le plan s’est poursuivi: lors du Congrès Général du CHP de 2023, les délégués chargés d’élire le dirigeant ont été achetés pour qu’ils votent en faveur d’Özgür Özel, un proche d’Imamoğlu, ce qui a permis à Özel d’être élu président du parti.


Suite à une action en justice intentée par certains dirigeants et délégués du CHP visant à faire annuler ce congrès, la justice de l’État a annulé ce congrès et déclaré invalides les élus issus de celui-ci. Suite à cela, le tandem İmamoğlu-Özgür Özel a quitté le parti pour en fonder un nouveau.


Le CHP est aujourd’hui entre les mains de ceux qui défendent le programme d’Atatürk. Yeni Parti (le Nouveau Parti) fondé par İmamoğlu et Özel, quant à lui, est un parti Atlantiste et pro-OTAN.


OC : Est-ce que la Turquie aspire toujours réellement à devenir membre de l’UE ?


A.R.T.: Je ne pense pas. La volonté de la Turquie d’adhérer à l’Union européenne, alors qu’elle a le statut de pays candidat depuis 22 ans, n’est que de la poudre aux yeux. En réalité, ni l’Union européenne ne souhaite l’adhésion de la Turquie, ni la Turquie n’en a plus la volonté. De plus, la grande majorité de la population turque est aujourd’hui opposée à l’adhésion à l’Union européenne. Je suis moi-même opposé à cette adhésion.


À suivre

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