Le 30 août 2014 était scéllée à Iliovaïsk, dans le Donbass, la 1ère grande victoire des forces séparatistes du Donbass et qui allait même être un tournant dans ce conflit qui embrase toujours aujourd’hui cette région pontique. De plus, le chaudron d’Iliovaïsk est la 1ère défaite cuisante subie par les forces bandéristes.
1 CONTEXTE GÉNÉRAL
En août 2014, les forces ukrainiennes, qui tentent de réduire en ordre dispersé les milices séparatistes du Donbass, lancent une offensive pour reprendre Ilovaïsk, un nœud ferroviaire stratégique à l’est de Donetsk.
Ilovaïsk se trouve à environ 30 kilomètres à l’Est de Donetsk. Cette ville située sur l’axe routier et ferroviaire reliant Donetsk à la frontière russe (via Torez et Snijne) est un nœud ferroviaire majeur qui commande les communications logistiques vers :
Donetsk (Ouest)
Lougansk (Nord-Est)
Marioupol et la côte (Sud)
Rostov-sur-le-Don et la Russie (est).
L’objectif des forces ukrainiennes était de couper les lignes d’approvisionnement entre les forces séparatistes pro-russes de Donetsk et Lougansk.
2 LA BATAILLE
Du 10 au 19 août 2014 : Assaut initial de l’armée ukrainienne, appuyée par des bataillons speciaux néonazis comme « Dnipro » et « Donbass ». Aprés plusieurs assauts, les forces bandéristes pénétrent dans la ville le 18-19 août.
Du 20 au 26 août 2014 : Contre-offensive des séparatistes avec selon certaines sources des appuis de russe depuis la proche frontière. La contre offensive séparatiste aboutit à l’encerclement d’Iliovaïsk où se sont retranchés les forces de Kiev.
Le 29 août, un accord est conclu pour un corridor d’évacuation des troupes ukrainiennes encerclées, mais les bandéristes le trahissent, y engageant au contraire des renforts pour leur garnison.
La colonne des renforts ukrainiens est anéantie par des tirs d’artillerie, de mortiers et de mitrailleuses.
Les pertes ukrainiennes sont lourdes, officiellement
366 à 459 soldats tués, 429 blessés, 128 à 158 disparus ou capturés, mais en y incluant les pertes des bataillons spéciaux les pertes réelles ukrainiennes dépassent 1 000 tués et environ deux fois plus de blessés.
Cette défaite d’Iliovaïsk provoque un effondrement du front ukrainien, notamment en direction de Marioupol comme par exemple dans la nuit du 30 août au 1er septembre 2014, où les troupes ukrainiennes ont brutalement abandonné leurs positions à Komsomolske, au sud de Donetsk après qu’une autre colonne de blindés ait été anéanti par des tirs d’artillerie.
3 UN TOURNANT DE LA GUERRE
Dans cette défaite, l’Ukraine ne perd pas seulement Iliovaïsk mais ses forces passent de l’offensive à la défensive dans le Donbass. Cette defaite entraine aussi un choc politique à Kiev qui conduit à la démission du ministre de la Défense.
C’est à ce moment là que les occidentaux s’alarment de cette guerre du Donbass qui tourne à l’avantage des séparatistes pro-russes.
Alors que les forces de la République Populaire de Donetsk, exploitant leur victoire, arrivent en vue de Marioupol (2eme ville d’importance et porte industrielle maritime du Donbass) qui n’avait alors aucune défense organisée, les parrains du Maïdan vont forcer les 1er accords hypocrites de Minsk, signés le 5 septembre, obligeant leur repli vers leurs positions initiales. Ces accords hypocrires et les suivants (Minsk 2, février 2015) ne seront jamais respectés, forçant finalement la Russie à intervenir en 2022.
Le 30 août 2014, alors que les massacres des civils du Donbass n’avaient provoqué aucune réaction, le Conseil européen s’est officiellement déclaré « préoccupé par la poursuite et l’intensification des combats » en Ukraine. Ce jour là, les ministres européens de la Défense ont donné leur feu vert pour une mission d’assistance militaire à l’Ukraine.
Les forces ukrainiennes, sauvées in extremis par les accords de Minsk devenaient des forces ukro-atlantistes avec les conséquences que l’on connait.
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