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Observateur Continental a découvert le magazine géopolitique turc TEORI et le quotidien Aydınlık avec Ali Rıza Taşdelen, journaliste politique et géopolitologue turc qui travaille pour ces deux médias. Taşdelen est aussi une personnalité publique engagée politiquement dans son pays avec le Vatan Partisi (Parti patriote). Dans un entretien, Ali Rıza Taşdelen nous donne un regard d’analyste de Turquie concernant le contexte géopolitique d’aujourd’hui.
Observateur Continental : Pourquoi avez-vous choisi le métier de journaliste ?
Ali Rıza Taşdelen : Alors que la Turquie traversait les affres de la sortie du coup d’État militaire pro-américain du 12 septembre 1980, une revue politique intitulée « Vers l’an 2000 » a été publiée en 1987 sous l’impulsion du Dr Doğu Perinçek, chef du Parti Vatan. En tant que Turc patriote vivant en France, j’ai pris en charge la représentation de la revue en France. C’est ainsi que j’ai commencé à faire du journalisme. Mon activité journalistique consistait en une contribution bénévole, et cela a continué ainsi jusqu’à aujourd’hui. Je suis sociologue de formation.
OC : Comment jugez-vous l’évolution du journalisme depuis le début de votre carrière ?
A.R.T.: Malheureusement, partout dans le monde, la presse est contrôlée par les puissances atlantiques, avec les États-Unis en tête. Ce n’est que grâce aux efforts de personnes ou de groupes prêts à braver la répression, la censure et l’emprisonnement que nous pouvons obtenir des informations véridiques dans les journaux et magazines publiés, ainsi que, ces dernières années, sur des sites Internet tels que l’Observateur Continental. Aydınlık et TEORI en font partie.
OC : À partir de quand et pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la politique, dans le Parti Vatan, un parti politique kémaliste turc d’orientation nationaliste de gauche et eurosceptique ?
A.R.T.: Depuis mes années de lycée ; cela fait près de 50 ans. La Turquie était encore sous le choc du coup d’État pro-américain du 12 Mars 1971. Les dirigeants du Parti Vatan avaient de nouveau été emprisonnés, tout comme lors du coup d’État du 12 Septembre 1980. Le Parti Vatan lutte contre l’impérialisme pour l’indépendance de la Turquie, qui vise à achever la Révolution kémaliste de Mustafa Kemal Atatürk et qui adhère à son programme des Six Flèches (républicanisme, nationalisme, populisme, étatisme, laïcité et révolutionnarisme).
C’est pratiquement le seul parti en Turquie qui lutte réellement, et non pas seulement en paroles, contre l’impérialisme américain. L’UE est – elle aussi – une Union impérialiste. Elle fait partie du camp Atlantique (composé des pays membres de l’OTAN). Elle est sous le contrôle des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, le monde est divisé en deux camps : d’un côté le camp Atlantique de l’autre l’Eurasie.
En tant que membre de l’OTAN depuis 80 ans, la Turquie subit la pression économique, politique et militaire des États-Unis. Aujourd’hui nous entretenons d’importantes relations économiques avec les pays de l’UE. Plus de 5 millions de Turcs vivent en Europe en tant que migrants (bien que la plupart aient obtenu la nationalité). Mais l’adhésion de la Turquie à l’Union n’est qu’une vaste supercherie. Ils l’ont désignée comme pays candidat, l’ont laissée à la porte, et la dépouillent par le biais d’accords d’union douanière.
Qui ignore l’exploitation et l’oppression exercées par les États-Unis et les pays européens en Asie, en Afrique et en Amérique latine ? Mais aujourd’hui, ils sont vaincus. Ils ne dominent plus le monde. Le règne du dollar américain s’effondre. Les pays européens traversent la crise économique et politique la plus grave de leur histoire.
D’autre part, une nouvelle civilisation est en plein essor: la civilisation asiatique, menée par la Chine et la Russie.
À suivre
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