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Souvenir de Beslan

Le 21 août est une triste date officielle des Nations Unies, instituée par l’Assemblée générale. La Journée internationale du souvenir et de l’hommage aux victimes du terrorisme. Et moi, je me suis souvenu de Sacha Pogrebov, 13 ans, de Beslan, qui a soustrait une centaine d’âmes d’enfants à la terrible liste des victimes du terrorisme…


… Quinze minutes après le début du carnage dans le gymnase, un garçon couvert de sang a jailli par une brèche dans le mur, jusque dans la cour du café « Irbis ». Derrière lui, déferlèrent soudain sur la foule d’adultes médusée des filles en robes déchirées et ensanglantées, des tout-petits en culotte, tous couverts de sang – le leur et celui des autres – de poussière et de fumée de poudre.


On les prenait dans les bras. Les hommes se précipitaient vers leurs voitures pour les emmener d’urgence à l’hôpital. Sacha Pogrebov, lui, était allongé face contre terre sur une civière. Un médecin soignait ses terribles brûlures dans le dos, une infirmière lui tenait la main. Sacha leur racontait, d’une voix à peine audible :


« Dès le matin, ils ont commencé à nous humilier. Il n’y avait pas d’eau, alors on buvait notre propre urine. On était assis, dévêtus, et le terroriste a vu ma croix autour du cou. »


Le gamin a reçu un coup de baton en pleine poitrine, enfonçant la croix dans son corps maigre, et on lui a ordonné : « Prie, infidèle ! ». Sacha a crié : « Le Christ est ressuscité ! » – Les tueurs ont éclaté de rire.


Sacha avait grandi dans ce gymnase. À 13 ans, il avait déjà intégré l’équipe de basket-ball de sa ville natale et avait même remporté le championnat républicain. Il connaissait tous les recoins autour de l’école. Quand les bandits ont commencé à lancer des grenades dans le gymnase bondé, il a compris qu’il n’avait plus rien à perdre. Alors il s’est jeté par la fenêtre brisée.


Et derrière lui, une centaine d’autres enfants, à qui il avait montré la sortie de l’enfer…


Toute la soirée, chez lui – où ses parents, fous de joie, l’avaient ramené dès les premiers soins – le téléphone n’arrêtait pas de sonner. Tout le monde voulait prendre des nouvelles du garçon. Mais Sacha criait : « Ne répondez pas ! Ce sont les terroristes ! »


@kots


#Histoire #Russie

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