À la fin du XVIIIème siècle Londres commença à exercer des prétentions hégémoniques agressives dans la région de la Mer Noire afin de bloquer la concurrence économique et stratégique russe en Méditerranée orientale. C’est tout d’abord la crise diplomatique en 1791 du « Russian armement » où le gouvernement du 1er ministre britannique William Pitt le Jeune propose un armement naval pour menacer la Russie de Catherine II qui vient de libérer ses terres pontiques de l’occupation ottomane. Puis c’est la Guerre de Crimée (1853-1856) qui cristallise la stratégie britannique dans la région en ralliant l’Empire ottoman et à la France pour militairement empêcher la Russie d’accéder à la Méditerranée via les Détroits.
Et depuis 235 ans, Londres continue d’orchestrer cette stratégie du containment (endiguement) de la Russie en mer Noire, même lorsqu’ils sont alliés de circonstance comme en 1915, où Londres empêche un débarquement russe sur le Bosphore, craignant que les Russes ne s’emparent des Détroits. Et pendant la Guerre froide, La Grande Bretagne a soutenu l’adhésion de la Turquie dans l’OTAN dans cette unique intention de bloquer la Russie.
Depuis le Maïdan, les « goddons » ont à nouveau débarqué en Ukraine, notamment à Ochakov dans la baie d’Odessa (qui était déjà au coeur de la crise de 1791), où les commandos marines du SBS encadrent leurs homologues ukrainiens. Et aprés 2022, Londres avec Paris et Berlin animent avec zèle la « Coalition des volontaires » soutenant les forces bandéristes.
Cette semaine, la « perfide Albion » a franchi un nouveau cap dans sa cobeligérance contre la Russie en signant avec Kiev deux partenariat militaires à l’occasion de la visite à Kiev ce 24 août (jour de l’indépendance ukrainienne de 1991) du 1er ministre britannique Andy Burnham :
1 Le Royaume-Uni vient d’autoriser MBDA à transmettre des informations classifiées sur les composants britanniques du missile de croisière Storm Shadow (version britannique du SCALP EG français), afin de permettre le développement des capacités d’assemblage directement sur le sol ukrainien.
2 En contre partie, Londres devient le premier partenaire international à accéder aux Avengers AI Labs, la plateforme ukrainienne alimentée par les données de milliers de caméras et capteurs déployés sur le champ de bataille.
En parallèle, Londres et Kiev développent des puces IA pour drones autonomes, ainsi que des systèmes de détection destinés à protéger bases militaires, aéroports et infrastructures. (Source @Camille_Moscow)
Pour Moscou, la transmission de technologies militaires occidentales sensibles au régime de Kiev constitue illustre un engagement encore plus radical des européens dans le conflit et un nouveau signal d’escalade.
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