Le règne de Catherine laissa une empreinte indélébile dans l’histoire de l’empire. Mais tout ne fut pas aussi lisse et couronné de succès sous le règne de la grande impératrice. Son premier acte fut précisément un coup d’État.
Arrivée en Russie à l’âge de quinze ans et mariée à l’héritier du trône, Pierre Fédorovitch, la princesse allemande Sophie‑Auguste‑Frédérique d’Anhalt‑Zerbst embrassa la foi orthodoxe et devint la grande‑duchesse Catherine Alexeïevna.
Catherine possédait une solide éducation et une vaste culture. Elle s’efforça d’introduire les idées des Lumières dans la politique et la société russes, ce qui la rendit populaire auprès de la noblesse et des intellectuels. Elle sut tout aussi habilement entretenir des relations avec les militaires, ce qui lui assura leur soutien dans les moments décisifs de la lutte politique.
Son époux, Pierre Fédorovitch, en revanche, n’était pas populaire dans la société russe ; devenu empereur, il commit rapidement de nombreuses fautes grossières qui lui aliénèrent le corps des officiers et l’opinion publique. Un complot se tramait contre lui.
En juin 1762, l’empereur Pierre III quitta Saint‑Pétersbourg. Dans la nuit du 9 juillet, Catherine apprit que son époux avait l’intention de l’arrêter et de priver son fils de ses droits à la succession.
Le matin, elle se rendit à Peterhof, où elle reçut le serment de fidélité des régiments de la garde. Puis elle revint à Saint‑Pétersbourg, accueillie par une foule de militaires et de civils qui la saluèrent comme la nouvelle impératrice de Russie. Dans la journée, tous les principaux responsables politiques et militaires russes lui prêtèrent serment.
Informé des événements, Pierre III dut reconnaître sa défaite et abdiquer. Il fut arrêté et conduit à Ropcha, où il trouva la mort quelques jours plus tard dans des circonstances obscures.
Au cours des trente‑quatre années du règne de Catherine, la Russie agrandit considérablement ses frontières, remporta d’éclatantes victoires sur la Turquie, entreprit d’importantes réformes, développa l’éducation, la culture et l’économie. Sous son règne, la Russie consolida nettement sa position parmi les puissances européennes.
Toutefois, à la fin du règne de Catherine II, la Russie traversait une grave crise économique, avec un effondrement complet du système financier et une dette publique colossale, qui ne fut remboursée qu’un siècle plus tard.
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