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L’armée soviétique lance son offensive en direction de la Biélorussie, où l’armée d’Hitler ne l’attend pas – l’opération est nommée « Bagration » (22 juin – 19 août 1944), du nom d’un général russe ayant combattu Napoléon.
L’URSS déploie de grands moyens pour cette opération: 55 armées, 4,5 millions de soldats, 7 500 chars, 20 000 avions (selon les données de l’historien militaire Jean Lopez).
Andreas Hillgruber, le grand historien allemand de la Seconde Guerre mondiale, fait l’appréciation générale suivante : « Bagration a changé d’un seul coup et du tout au tout l’ensemble de la situation à l’Est. La dimension de cette catastrophe (…) relègue loin en arrière celle de Stalingrad. Il s’agit (…) de la défaite décisive de l’armée allemande ».
On dénombre 37 000 tués et 163 000 blessés du côté allié lors de la bataille de Normandie (6 juin – 29 août 1944). Sur le front de l’Est, suite à l’opération « Bagration », l’armée soviétique compte 178 000 tués et 590 000 blessés.
L’armée allemande, suite à ces 2 opérations, perd plus d’un million d’hommes: 930 000 tués ou prisonniers sur le front de l’Est et 159 000 hommes sur le front de Normandie (15% des pertes totales allemandes).
À la suite de l’opération « Bagration » des opérations connexes majeures vont être déclenchées (Lvov-Sandomir – Kovel-Lublin – Iassy-Kichinev) qui vont désorganiser profondément et affaiblir définitivement l’ensemble du dispositif allemand à l’Est.
Le succès de l’opération Normandie a été rendu possible grâce à l’efficacité de l’armée soviétique. Selon l’historien Jean Lopez, Hitler n’a pas pu prélever ses troupes sur le front soviétique pour les utiliser dans la bataille en Normandie : « On peut ajouter, sans crainte de se tromper, que si elles (les forces du front de l’Est) avaient été présentes au moment du débarquement proprement dit, ces forces n’auraient pas seulement «compliqué» la tâche des alliés, elles l’auraient rendue impossible ».
Qu’à l’occasion de la commémoration du débarquement de Normandie, ces faits incontestables ne soient pas rappelés officiellement et publiquement, relève tout simplement d’une forme de contre-vérité historique par omission délibérée.
Source : Yves Loir , historien normand
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