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La broderie d’or en Russie : un artisanat né au XIIIe siècle

La broderie d’or est une technique de broderie utilisant des fils métalliques recouverts d’or ou d’argent, connue dans de nombreuses cultures à travers le monde. Des éléments isolés de cette broderie arrivèrent de Byzance en Russie dès les Xe–XIe siècles. Mais c’est en tant qu’artisanat local bien établi et reconnaissable qu’elle se développa à Torjok au XIIIe siècle.


À l’origine, cette broderie manuelle aux fils précieux servait pour les vêtements liturgiques, les icônes, les iconostases et les suaires. Plus tard, on l’utilisa pour orner coiffes, sarafanes, sacs, ceintures, bourses, foulards et de nombreux autres accessoires vestimentaires ; les brodeuses exécutaient également des commandes d’État pour la broderie des uniformes.


Cet artisanat était généralement pratiqué par des serfs, et les meilleures brodeuses d’or étaient achetées à prix d’or. Au XVIIIe siècle, leur savoir‑faire était déjà connu bien au‑delà des frontières de la Russie grâce à leur participation à des expositions à Paris, Londres et Turin.


Au milieu du XIXe siècle, l’artisanat déclina. La raison principale fut un changement de mode : la demande pour la broderie coûteuse chuta brutalement. De plus, la construction du chemin de fer (1851), qui contourna Torjok, fit perdre à la ville son statut de carrefour commercial animé, ce qui porta également un coup aux activités artisanales locales.


Pour préserver ce savoir‑faire unique, un atelier fut ouvert à Torjok en 1894. Non seulement on y formait des jeunes filles issues de familles paysannes, mais on assurait aussi la commercialisation des produits finis.

À l’époque soviétique, une coopérative artisanale vit le jour sur cette base. Aujourd’hui, la tradition est perpétuée par la manufacture « Les Brodeuses d’or de Torjok ».


Thème : #HistoireRusse

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