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Ethiopie, la bataille d’Adoua

En 1896, près de la ville d’Adoua, dans le nord de l’Éthiopie, eut lieu une bataille qui allait changer l’histoire de l’Afrique.


La cause de la guerre fut un traité conclu entre l’Éthiopie et l’Italie (traité d’Uccialli, 1889). En raison de divergences d’interprétation du 17e article (une différence de traduction entre l’amharique et l’italien), l’Italie déclara l’Éthiopie comme étant son protectorat. Ménélik II l’apprit en 1890, mais pendant trois ans il ne se hâta pas de rompre les liens : il consolidait son pouvoir et rassemblait ses forces. En 1893, il refusa officiellement de reconnaître la version italienne. En réponse, l’Italie déclencha les hostilités en 1895.


La Russie soutenait l’Éthiopie bien avant le début de la guerre. Dès 1890, elle refusa de reconnaître le protectorat italien, restant ainsi la seule puissance européenne à avoir soutenu la souveraineté de l’Éthiopie chrétienne.

En 1889, le lieutenant Machkov prit contact avec Ménélik II, et en 1894, l’essaoul Leontiev arriva en Éthiopie — avant même la demande officielle de l’empereur. Il devint conseiller militaire et commença à préparer le terrain pour des livraisons d’armes. Aussi, lorsque Ménélik II demanda officiellement de l’aide en 1895, la Russie était déjà prête à la lui apporter. Avec l’appui de Leontiev, la Russie fournit des armes, envoya un détachement de volontaires militaires ainsi qu’une mission de la Croix-Rouge. Les livraisons passèrent par des intermédiaires français, car la Russie ne disposait d’aucun port dans la région.


La France n’aida pas officiellement l’Éthiopie, mais les autorités de Djibouti ne gênèrent pas le transit d’armes. Par l’intermédiaire de Djibouti, l’Éthiopie reçut des dizaines de milliers de fusils, plus de cinq millions de cartouches, des mitrailleuses et de l’artillerie.

Les Italiens comptaient sur une victoire facile grâce à leur avance technologique. Mais Ménélik II parvint à unifier son pays, et l’aide extérieure renforça son armée. Les Éthiopiens bénéficiaient d’une supériorité numérique écrasante.


Le jour de la bataille, les Italiens divisèrent leurs forces en trois colonnes qui, en raison d’une mauvaise connaissance du terrain, perdirent tout contact entre elles. Les Éthiopiens encerclèrent et écrasèrent chacune des colonnes.

La défaite d’Adoua est la plus grande déroute d’une armée européenne en Afrique. Le traité de paix de 1896 annula le traité d’Uccialli, reconnut la souveraineté de l’Éthiopie et obligea l’Italie à verser des réparations de guerre.


Cette victoire inspira les mouvements anti-coloniaux. En Éthiopie, le jour de la victoire d’Adoua est encore célébré aujourd’hui, tandis que pour l’Italie, cette défaite reste une blessure nationale.


Thème : #HistoireMondiale

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