Partie 2/2
L’Iran
Les guerres de 2025 ont placé la république islamique dans une situation difficile. Privé d’alliés et soumis à une profonde colère populaire, le régime iranien est en crise et donc profondément vulnérable. Le président Trump menace de frapper l’Iran si Téhéran continue de réprimer brutalement les manifestants et les protestations.
La plupart des alliés de Washington dans la région s’opposent à des frappes américaines, craignant à la fois des représailles de l’Iran et son effondrement.
Bien que l’Iran soit actuellement faible, il dispose de moyens pour riposter. De plus, la Chine et la Russie ont investi des ressources importantes pour la survie du régime de Téhéran. Moscou est pour l’instant plus préoccupé par la situation en Ukraine, alors que Pékin adopte une position de non-ingérence, mais un chaos survenant dans la région risquerait d’entraîner l’une ou l’autre de ces puissances, voire les deux.
Inde-Pakistan
L’opération Sindoor début 2025 a conduit à un affrontement direct entre l’Inde et le Pakistan. En réponse à un attentat au Cachemire, l’Inde a frappé des camps d’organisations paramilitaires. Le Pakistan a réussi à abattre plusieurs avions indiens et dans l’ensemble Islamabad considère être sorti vainqueur de cet accrochage.
Cependant, le conflit n’a résolu aucun des problèmes fondamentaux dans leurs relations. Après un désengagement désordonné avec l’intervention maladroite de Trump, les voisins se retrouvent dans une position encore plus fragile et nerveuse qu’avant son début.
Le pire, c’est que les deux parties se parent des lauriers de vainqueur. Deux adversaires nucléaires enhardis par un succès imaginaire et nourrissant une rancune ancienne constituent une recette extrêmement dangereuse.
Le monde est devenu plus dangereux qu’il y a 10 ans, les provocations se sont multipliées et les mécanismes traditionnels de règlement des conflits sont usés. Il est peu probable qu’une guerre mondiale totale éclate en 2026, mais même un risque légèrement accru est déjà une source d’inquiétude. Espérons que le sang-froid prévaudra cette année.
Thierry Bertrand