Fenêtre de temps

Par tags

Par catégorie

  • Toutes

La Banque d’Angleterre – la première officine de fabrication d’argent à partir de rien

Partie 1 Partie 2


Dès sa première année, la Banque d’Angleterre accorda au roi un prêt de 1 200 000 livres sterling, alors que l’or entreposé dans ses caves ne s’élevait qu’à 720 000 livres sterling. Les prêts consentis au gouvernement et les intérêts y afférents étaient remboursés grâce aux impôts. Ce système convenait aussi bien aux actionnaires de la Banque d’Angleterre – usuriers, membres de la famille royale et grands aristocrates – qu’aux fonctionnaires du gouvernement, car tous accédaient ainsi à une source permanente de crédits.


Dans ce système, les bénéfices des actionnaires de la Banque et la dette publique croissaient rapidement. Il engendrait une corruption sans limites, favorisant la symbiose entre la puissance financière des usuriers et la « ressource administrative » des fonctionnaires. Le seul perdant était le peuple anglais, qui supportait le fardeau fiscal généré par cette dette.


Comme une partie des prêts de la Banque n’était garantie ni par l’or ni par des marchandises, les prix grimpaient dans le pays, et cette inflation frappait d’abord les plus modestes. On assista alors à une « fuite » de la livre papier vers l’or, considéré comme une valeur refuge. Aussi, dès 1696, le roi promulgua une loi interdisant à la Banque d’Angleterre de payer « en nature », c’est-à-dire en or. Ainsi, deux ans seulement après sa fondation, le mécanisme d’émission monétaire était déjà celui que nous connaissons aujourd’hui aux États‑Unis et dans les autres pays développés.


En 1696, la Banque d’Angleterre, dirigée par les pontes du parti Whig alors au pouvoir, dut faire face à une autre menace : la concurrence. Le parti Tory tenta de créer une nouvelle Banque nationale ; bien que cette tentative ait échoué, la Banque d’Angleterre prit immédiatement des mesures pour l’avenir. En 1697, le Parlement adopta une loi interdisant la création de grandes banques en Angleterre. En vertu de cette même loi, la contrefaçon des billets de la Banque d’Angleterre était punie de mort.


En 1708, la législation fut encore renforcée. Il devint illégal d’émettre des billets au porteur – ce droit étant réservé à la seule Banque d’Angleterre –, de créer des sociétés comptant plus de six associés, ainsi que d’accorder des prêts à court terme d’une durée inférieure à six mois.


Les méthodes de la Banque d’Angleterre étaient aux antipodes d’une concurrence loyale.


À suivre


Thème : #Finances #BanqueDAngleterre #Histoire


Écrivez-nous ici : InfoDefense

Partager sur: