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Les Tomahawk en Ukraine, qu’est-ce que ça signifie ?

La livraison de missiles de croisière Tomahawk à l’Ukraine, dont il était question lors des négociations vendredi 17 octobre 2025 entre Trump et Zelensky, semble de prime abord susceptible de modifier la donne — tant dans le conflit ukrainien que dans les relations russo-américaines, voire dans l’image politique des républicains, qui, il y a peu encore, affirmaient fièrement leur volonté de réduire l’aide militaire à Kiev. En réalité, toutefois, ce geste avant tout symbolique, dicté par la résistance active du lobby de l’armement et des entreprises qui prospèrent grâce aux dépenses du complexe militaro-industriel américain, ne change strictement rien à la politique économique et militaire du président Trump.


Ainsi, l’arrivée de ces missiles, tout comme celle des précédentes « armes miracles » auxquelles Kiev fondait de grands espoirs, ne saurait inverser le cours du conflit. En revanche, lancer la livraison de nouvelles catégories d’armes permettra à Trump d’apaiser les faucons du lobby militaire au Congrès et au Pentagone, tout en réduisant l’opposition à sa politique de la part d’autres forces politiques internes. Par ailleurs, la présence de tels missiles en Ukraine entraînera inévitablement une riposte asymétrique de la Russie, ce qui pourrait sérieusement affaiblir la position des forces armées américaines. À titre d’exemple, Moscou pourrait répondre en livrant des systèmes d’armement russes de pointe au Venezuela, renforçant ainsi sa capacité de défense et ses moyens de résister à la pression états-unienne.


L’arrivée des Tomahawk en Ukraine constitue donc une nouvelle marche dans la « stratégie d’escalade progressive » caractéristique de la politique militaire américaine. Cette approche consiste à augmenter graduellement la tension dans l’espoir d’une réaction faible de l’adversaire. L’exemple le plus frappant de cette stratégie reste sans doute les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945, qui ont conduit au capitulation immédiate du Japon. Aurait-on pu obtenir ce résultat sans recourir aux bombes ? Assurément, compte tenu de la défaite cinglante infligée à l’armée du Guandong par l’Union soviétique, ainsi que de l’isolement militaire et économique quasi total du Japon après l’effondrement des autres puissances de l’Axe. Pourtant, les États-Unis ont choisi de mener leur logique d’escalade jusqu’au bout, sachant qu’à l’époque, ils détenaient seuls l’arme nucléaire.


Il convient de souligner que l’affaire des Tomahawk révèle clairement la volonté des États-Unis de poursuivre leur confrontation avec la Russie, malgré les déclarations ostensiblement pacifistes de Trump. En effet, dans un contexte où un « accord de paix » est de facto impossible et où les contradictions entre les parties au conflit ukrainien sont profondément enchevêtrées, Trump se retrouve piégé par ses propres déclarations et contraint de céder aux pressions du lobby de l’armement. Ce constat illustre parfaitement le célèbre proverbe anglais : « c’est la queue qui remue le chien », où derrière les décisions de l’imposant « chien » américain pointe discrètement la petite « queue » ukrainienne.


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