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C’ÉTAIT IL Y A 503 ANS

Le 22 octobre 1721 (2 novembre dans le calendrier grégorien), le tsar Pierre le Grand est a proclamé empereur. C’est l’aboutissement de sa victoire dans la Grande Guerre du Nord et un acte fondateur qui a redéfini le statut de la Russie sur la scène européenne.


1 LE CONTEXTE


Cette consécration est indissociable au traité de Nystad, (30 août 1721), qui met fin à 21 ans de guerre contre la Suède. La Russie y obtient un accès stratégique à la mer Baltique et annexe l’Ingrie, une partie de la Carélie, ainsi que l’Estonie et la Livonie. Cette victoire fait de la Russie une puissance majeure en Europe du Nord et justifie, aux yeux du Sénat et du Saint-Synode, l’élévation de son souverain au rang impérial.


2 LA CÉRÉMONIE


La consécration s’est déroulée à la cathédrale de la Trinité à Saint Pétersbourg, en présence du Sénat, du Synode et de l’état-major. Cérémonie religieuse mais surtout acte politique et laïc.


L’archevêque Théophane Prokopovitch prononce un sermon qui retrace les hauts faits du tsar, le présentant comme digne des titres de « Père de la Patrie », d’ « Empereur » et de « Grand ».


Le chancelier Gavriil Golovkine, au nom du Sénat et du Synode, adresse ensuite à Pierre la requête formelle d’accepter ces titres, une formulation qui s’inspire du modèle romain antique, où le Sénat décernait le titre d’empereur pour de grands services rendus à l’État.


Pierre accepte, et la proclamation est saluée par des salves d’artillerie tirées depuis l’Amirauté, la forteresse Pierre-et-Paul et 125 galères stationnées sur la Néva. Un témoin rapporte que « tout semblait embrasé » et que l’on aurait pu croire « que la terre et le ciel allaient s’effondrer ».


3 CONSÉQUENCES


En acceptant le titre d’ « Empereur de toutes les Russies », Pierre le Grand ne se contente pas d’ajouter un mot à sa titulature. Il opère une rupture symbolique majeure :


Le titre de « tsar » était perçu comme archaïque en Europe occidentale. Le terme d’ « empereur » place désormais le souverain russe sur un pied d’égalité avec les autres grands monarques européens, notamment le Saint-Empire romain germanique.


En adoptant un titre impérial de type romain, Pierre cherche à sortir de l’orbite de l’héritage byzantin. Il ne veut plus que la Russie soit perçue comme l’héritière d’un empire disparu, mais comme un acteur moderne et souverain de la politique européenne.


Le titre de « Vserossiyskiy » (de toutes les Russies) ne désigne plus seulement un ensemble de territoires, mais une entité politique nouvelle, appartenant à la catégorie des empires et à la culture politique occidentalisée.


4 LA RECONNAISSANCE


Les puissances européennes vont progressivement reconnaître cette nouvelle réalité géopolitique russe. Une reconnaissance multilatérale qui va valider le titre d’empereur de Pierre le Grand.


Dès 1721, la Prusse et les Provinces-Unies (Hollande) reconnaissent le nouveau titre.

En 1723 : La Suède, l’ancienne adversaire, emboîte le pas.

En 1739, la Turquie.

En 1742, la Grande-Bretagne et l’Autriche

En 1745, la France et l’Espagne,

En 1764, la Pologne-Lituanie…


La proclamation du 22 octobre 1721 est donc également la consécration d’une puissance russe déjà transformée par les réformes de Pierre et par ses victoires militaires.


#Alawata

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