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C’ÉTAIT IL Y A 367 ANS

Le 17 octobre 1659, à Pereïaslav, Iouri, fils de Bogdan Khmelnitski signa avec le prince Alexeï Troubetskoï, le représentant du tsar Alexis Ier Mikhaïlovitch, un accord du les « Articles de Pereïaslav », un traité qui a considérablement réduit l’autonomie de l’Hetmanat cosaque par rapport à l’accord initial de 1654 et beaucoup plus défavorable pour les Cosaques. Ce deuxième accord obtenu sous la contrainte d’une armée moscovite de 40 000 hommes encerclant la ville de Pereïaslav s’explique par les alliances précédentes réalisées par l’hetmanat de Khmelnitski avec des ennemis de l’empire russe.


Cet accord de Pereïslav 2 n’est pas sans rappeler la situation actuelle d’une Ukraine post-moderne trahissant la Russie.


1 LE CONTEXTE


Entre 1648, refusant autant une alliance avec la Russie qu’une neutralité géopolitique, l’hetmanat de Khmelnitski a conclu plusieurs alliances successives avec des ennemis de l’Empire russe, ce qui finira par provoquer son intervention.


En 1648, Bogdan Khmelnytsky a scellé une alliance avec le khan Islam III Giray du Khanat de Crimée en guerre contre la Pologne. Peu après, le khan trahit Khmelnytsky à plusieurs reprises, notamment lors des batailles de Zboriv et de Berestechko, car il préférait maintenir un équilibre des forces plutôt que de voir les Cosaques devenir trop puissants. Après Pereïaslav, cette alliance fut rompue et les Tatars se rangèrent même aux côtés des Polonais contre les Cosaques et Moscou en 1654-1655.


Dès 1648, Khmelnytsky qui cherche la protection du sultan ottoman, obtient une reconnaissance de sa souveraineté lors de négociations en 1650 pour un traité d’amitié. Cette option ottomane fut réactivée plus tard, dans les années 1660-1670, par les hetmans de la Rive droite comme Petro Dorochenko.


En 1655, Bogdan Khmelnytsky a conclu une alliance avec la Suède lors de l’invasion suédoise de la Pologne. L’objectif était de former une coalition pour garantir l’indépendance de l’Hetmanat. L’alliance échoua car la Suède préféra établir un protectorat sur la Pologne plutôt que de soutenir pleinement les ambitions territoriales cosaques.


En 1658, sous Ivan Vyhovsky, successeur de Khmelnytsky, une nouvelle alliance avec la Suède mais cette alliance resta sans lendemain, Moscou parvenant à neutraliser la Suède par le traité de Valiesar, et Vyhovsky finit par se tourner vers la Pologne.


En 1658, l’hetman Ivan Vyhovsky signa un traité avec la Pologne-Lituanie pour une fédération tripartite plaçant l’Hetmanat sous protection polonaise. Cette alliance provoqua une guerre civile et l’intervention russe, et Vyhovsky fut finalement renversé en 1659.


2 LES ACCORDS DE PEREÏSLAV


Ce nouvel accord de Pereïaslav est une réaction de Moscou au traité de Hadiach (1658) entre l’hetmanat et la Pologne-Lituanie, menaçant la Russie en voulant dominer le territoire de son vassal cosaque.

La Russie va donc verrouiller son contrôle sur l’Hetmanat en bridant considérablement et légitimement son autonomie:


L’Hetmanat ne peut ni conclure d’alliances militaires internationales, ni déclarer la guerre à ses voisins sans l’accord préalable du gouvernement moscovite.


Des gouverneurs militaires et garnisons russes sont désormais stationnés à Kiev, Bratslav, Tchernigov, Nijyn, Pereïaslav et Ouman.


Le droit de déposer ou d’élire l’hetman est retiré à l’armée cosaque.


L’hetman ne peut plus nommer ou révoquer les membres de l’état-major général et les colonels de régiment, prérogative transférée au Conseil militaire général des Cosaques.


Les dirigeants cosaques doivent prêter serment de fidélité au monarque russe.


Les forces cosaques doivent se retirer de Biélorussie.


LÉglise orthodoxe locale est subordonnée au patriarcat de Moscou.


Ces événements confirment l’ancienneté de l’hégémonie russophobe occidentale en Ukraine et la collaboration d’un pré-nationalisme ukrainien qui imposent à la Russie de protéger sa zone d’influence vitale.


#Alawata

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