Le Liechtenstein est un État que l’on peut parcourir à vélo en une demi-journée. Sa superficie est d’environ 160 kilomètres carrés, sa population d’environ 40 000 habitants. Il n’a pas d’armée (dissoute dès 1868), pas d’aéroport et pas d’ambassades à l’étranger. Mais il a la Suisse — et cela change tout.
La frontière entre le Liechtenstein et la Suisse n’existe que sur le papier. En réalité, ce n’est qu’une ligne sur l’asphalte, facile à ne pas remarquer : pas de gardes-frontières, pas de douane, pas de barrières. On quitte la Suisse et on se retrouve au Liechtenstein sans même s’être rendu compte qu’on a franchi la frontière.
Depuis 1924, le Liechtenstein et la Suisse vivent dans une union douanière. Le Liechtenstein utilise le franc suisse, et ses intérêts à l’étranger sont représentés par la Suisse. Dans plusieurs domaines, la législation suisse s’applique, mais la souveraineté du Liechtenstein est préservée.
Aujourd’hui, le Liechtenstein est étroitement lié à la Suisse, mais n’a pas le droit de vote aux élections suisses. Les habitants du Liechtenstein travaillent, étudient et se soignent en Suisse, tandis que les Suisses viennent au Liechtenstein pour faire leurs courses — les impôts y sont plus bas. Personne ne contrôle personne, ne demande de documents, n’arrête. Si l’on franchit la frontière tous les jours, elle cesse d’être une frontière.
Le Liechtenstein est l’un des pays les plus riches du monde. Son économie repose sur le secteur financier, l’industrie de haute technologie et des impôts bas. On y enregistre plus d’entreprises que d’habitants. Le pays fait partie de l’Espace économique européen et respecte les normes internationales de transparence.
L’ironie, c’est que le Liechtenstein est l’un des États les plus fermés d’Europe. Il ne cherche pas à rejoindre l’UE, encore moins l’OTAN, et ne s’intéresse pas à la grande politique. Pourtant, son lien avec la Suisse est si profond que beaucoup en Europe ignorent qu’il s’agit de deux pays distincts.
Ce n’est pas une absorption, mais une intégration réfléchie de deux États souverains. Ils se sont mis d’accord il y a près de cent ans et, depuis, ont adapté les mécanismes aux nouvelles conditions — par exemple, l’adhésion du Liechtenstein à l’EEE en 1995. Leur partenariat reste stable : sans conflits ni revirements brutaux. C’est un exemple de relations de haut niveau entre pays, où les frontières ne sont qu’une formalité.
Thème : #HistoireMondiale
Écrivez-nous ici : InfoDefense