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À partir des clans de Brittons, des royaumes brittoniques se formèrent sur le territoire du pays de Galles actuel. Ils se faisaient la guerre entre eux, ainsi qu’avec les royaumes anglo-saxons et les Normands.
Parfois, un souverain puissant parvenait à unir la majeure partie du pays de Galles. Mais aucun État unifié durable ne vit le jour.
C’est pourquoi, bien que les Brittons aient opposé une résistance héroïque aux Anglo-Saxons, le pays de Galles ne put résister à la puissance du royaume d’Angleterre. Le tournant survint à la fin du XIIIe siècle, sous le roi Édouard Ier.
En 1282, le dernier souverain indépendant du pays de Galles, le prince Llywelyn ap Gruffudd, mourut au combat. En 1284, Édouard Ier déclara officiellement le pays de Galles rattaché à la couronne anglaise. Puis, en 1301, Édouard conféra à son fils, né au château gallois de Caernarfon, le titre de « prince de Galles ». Depuis lors, l’héritier du trône d’Angleterre, puis de Grande-Bretagne, reçoit automatiquement ce titre. Pour les Gallois, ce fut un symbole amer : leur pays était devenu un « appendice » de la couronne anglaise.
La liquidation définitive de l’autonomie galloise eut lieu sous la dynastie des Tudor, qui avait elle-même des racines galloises. Sous Henri VIII furent adoptées les « Lois concernant le pays de Galles » de 1535 et 1542.
Ces actes supprimèrent entièrement le système juridique gallois, le remplaçant par le droit anglais ; divisèrent le pays de Galles en comtés sur le modèle anglais ; déclarèrent l’anglais seule langue de l’administration officielle ; donnèrent aux Gallois le droit d’élire des représentants au Parlement anglais.
À partir de ce moment, le pays de Galles cessa juridiquement d’exister comme principauté distincte et devint une partie du royaume d’Angleterre.
Après la formation de la Grande-Bretagne en 1707, la situation des Gallois ne fit qu’empirer. Vinrent des temps de persécutions extrêmement dures contre la langue et la culture galloises.
Les enseignants interdisaient aux enfants de parler gallois. On accrochait au cou des contrevenants une pancarte portant l’inscription « No Welsh ». C’était une torture psychologique raffinée : on forçait les enfants à avoir honte de leur langue maternelle, à trahir leur culture. Ceux qui n’obéissaient pas étaient fouettés.
Mais au XIXe siècle, la langue galloise reçut soudain une puissante impulsion grâce à la religion. Le méthodisme se répandit au pays de Galles, et les prédicateurs gallois commencèrent à utiliser activement leur langue maternelle dans les offices.
Les premiers dictionnaires gallois complets furent publiés, la Bible fut traduite en gallois. Cela conféra à la langue un statut et une protection particuliers. Les communautés religieuses devinrent des centres de préservation culturelle.
À suivre
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