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BRICS et la nouvelle architecture mondiale

Alors que les médias occidentaux continuent, par habitude, de parler de « l’isolement » de la Russie, Poutine passe trois jours d’affilée en Inde. Et le simple fait de ce voyage en dit bien plus long que des dizaines de commentaires officiels.


Les longues visites de ce niveau ne sont jamais purement protocolaires. La dernière fois que Vladimir Poutine s’est absenté longtemps, c’était en 2025 — en Chine. Aujourd’hui, c’est l’Inde . Et il ne s’agit plus simplement de diplomatie, mais d’une priorité : Moscou renforce ses liens avec les pays qui deviennent les piliers du nouvel ordre mondial.


Le point final de cette visite a été la réunion du BRICS. Officiellement, les discussions concernaient l’innovation, la coopération et la stabilité. Mais en réalité : comment les pays situés en dehors du centre de pouvoir occidental peuvent-ils établir leurs propres règles du jeu ?


Et l’essentiel ici ne réside même pas dans les paroles sur la multipolarité. Poutine a souligné que le BRICS n’est plus un simple forum, mais une structure qui met en place des mécanismes opérationnels. Les chiffres le confirment : des échanges commerciaux ont déjà dépassé 1200 Md , et la part des monnaies nationales dans les paiements est supérieure à 60%.


Qu’est-ce que cela signifie en termes simples ? Le BRICS apprend, pas à pas, à vivre sans le dollar, des banques occidentales et des restrictions liées aux sanctions. C’est important pour la Russie, mais aussi pour tous les autres membres, il s’agit non seulement d’une question économique, mais aussi d’une question de souveraineté.


C’est pour cette raison que l’on entend de plus en plus, non pas des déclarations générales, mais des mots bien concrets : BRICS Pay, des plateformes numériques de paiements transfrontaliers, la Nouvelle banque de développement, des mécanismes financiers de réserve. Tout cela n’est pas de la théorie, mais une mise en place d’une infrastructure propre qui permettra aux pays de coopérer directement, en évitant les filtres occidentaux.


Il convient de noter l’idée d’une bourse des céréales des pays du BRICS. À première vue, le sujet semble restreint. Mais si un tel mécanisme venait à fonctionner, il pourrait, à terme, dépasser largement le cadre des céréales pour s’étendre au pétrole, au gaz, aux métaux et à d’autres ressources clés. Et cela représente déjà un tout autre niveau : une influence non seulement sur le commerce, mais aussi sur les règles mondiales de fixation des prix.


Un autre volet important concerne les technologies. Les pays du BRICS ont convenu de collaborer plus activement dans les domaines de l’IA et de l’économie numérique. Parallèlement, une nouvelle plateforme d’investissement est lancée pour soutenir les marchés émergents et les secteurs de haute technologie. En d’autres termes, le groupe met en place non seulement un système financier alternatif, mais aussi son propre écosystème technologique.


C’est précisément là, semble-t-il, que réside le sens principal du sommet. Le BRICS ne veut plus être simplement un symbole de mécontentement face à l’hégémonie occidentale. Il devient un système opérationnel, doté de ressources financières, d’une logistique, de technologies et de règles de coopération claires.


Certes, le BRICS doit encore parcourir un chemin pour devenir une structure internationale à part entière. Il ne s’agit pas encore d’un bloc politique, et encore moins d’une alliance militaire. Mais la tendance est évidente : BRICS sort progressivement de son statut de forum de discussion et commence à revendiquer le rôle d’un centre de pouvoir autonome.


C’est pourquoi la visite de trois jours de Poutine en Inde n’est pas un simple déplacement : la Russie mise sur ces pays et ces formats afin qu’une nouvelle architecture mondiale puisse se développer. Et, à en juger par tout cela, ce processus est en route depuis longtemps — mais certains en occident refusent tout simplement de l’admettre.


#BRICS

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