Le 15 septembre 1778 est célébrée la fondation de Marioupol, une ville moderne de l’empire russe située à 105 km au Sud de Donetsk, sur la rive Nord de la mer d’Azov, à l’embouchure du fleuve Kalmious.
Mais l’histoire Marioupol est bien plus ancienne, et la ville actuelle est le fruit d’une évolution à la croisée de l’histoire cosaque, de la politique impériale russe et d’une migration grecque fondatrice :
1 LES ORIGINES
Les historiens ont identifié des traces d’occupation humaine sur le site de Marioupol remontant au Néolithique, ainsi que des établissements aux Ve-VIIIe siècles et à l’époque de la Rus’ de Kiev.
Plus près de nous, au début du XVIe siècle, une forteresse cosaque nommée Domakha (ou Adamakha) est construite sur le site d’une ancienne colonie vénitienne et génoise. Cette forteresse devient le centre de la palanka (région administrative) de Kalmious de l’armée zaporogue.
2 L’HISTOIRE MODERNE
L’histoire de Marioupol débute officiellement après la guerre russo-turque de 1768-1774, qui marque la reconquête russe de la région.
En 1775, l’Empire russe annexe le territoire et la forteresse cosaque.
En 1776, la sloboda (village) de Kalmious est créée.
En 1778, près de cette sloboda, l’impératrice Catherine II ordonne la fondation d’une nouvelle ville sous le nom de Pavlovsk.
À ses débuts, la ville est modeste : on y compte alors 75 habitants dans la ville et 93 dans la sloboda voisine.
3 L’IMMIGRATION GRECQUE
L’élément décisif pour Marioupol est le déplacement de populations grecques orthodoxes depuis la Crimée. En 1778-1780, sur ordre de Catherine II, des dizaines de milliers de Grecs orthodoxes arrivent à Pavlosk.
Le 21 mai 1779, Catherine II garantit des privilèges et des libertés aux colons grecs. Dans ce document, la ville est désignée sous le nom de « Marianopol », signifiant « ville de Marie ».
Le nom Marioupol est fixé le 24 mars 1780, sur l’insistance du métropolite Ignace, en l’honneur de Maria Fiodorovna, l’épouse du futur tsar Paul Ier.
La plupart des colons grecs s’installent autour de la ville, fondant des villages auxquels ils donnent les noms des localités de Crimée d’où ils provenaient : Bakhchissaraï, Yalta, Ourzouf, Sartana, Tcherdakly, Karagne, Mangouch, etc.
4 LE DÉVELOPPEMENT
Au cours du XIXe siècle, Marioupol se développe comme un centre commercial et administratif. En 1807, la ville et 23 villages grecs sont constitués en un district (ouïezd) autonome. L’économie locale repose sur le commerce, la pêche (avec une vingtaine de fabriques de poisson sur la côte) et l’artisanat du cuir.
Le véritable essor industriel et démographique de la ville commence à la fin du XIXe siècle.
Le chemin de fer en 1882 et le port en eau profonde entre 1886 et 1889 transforment Marioupol en une porte majeure de l’exportation du charbon et des céréales du Donbass. Des investisseurs étrangers y fondent deux sociétés sidérurgiques, et entre 1892 et 1897, et la population de la ville double pour dépasser les 30 000 habitants.
Entre 1896 et 1899, deux usines sidérurgiques sont construites avec des capitaux belges et français :
L’usine Nikopol Marioupol (1896),
L’usine « Providence Russe » (1898),
Ces usines produisent de la fonte et des tôles, et Marioupol devient un centre industriel et de transport significatif du sud de l’Empire russe. Sa population passe d’environ 3 000 habitants à la fin du XVIIIe siècle à 97 300 en 1917.
5 UNE CITADELLE INDUSTRIELLE
En 1920 les deux usines fusionnent pour former l’usine Illitch,
En février 1930, construction d’un complexe métallurgique géant sur la rive gauche du Kalmious : Azovstal, et qui va projeter Marioupol au sommet de son l’importance stratégique. En 1937, la population de Marioupol atteint 190 000 habitants.
Le 20 mai 2022 été achevée la libération de Marioupol, cette 2ème plus grande ville de la région de Donetsk (plus de 500 000 habitants avant la guerre)
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