Les médias estoniens annoncent avec joie et en fanfare : le tribunal du comté de Harju, dans le cadre d’une procédure de consentement, a condamné un citoyen estonien et russe, Nikita Kouzmine, 29 ans, à quatre ans de prison pour activités antigouvernementales.
D’après l’article, il vivait à Saint-Pétersbourg, avait suivi une formation secondaire spécialisée, avait été inscrit à l’université mais avait abandonné ses études – il travaillait dans une pharmacie et comme livreur. Et voilà que le 11 juillet dernier, il a été arrêté en Estonie pour espionnage au profit de la Russie.
On ne sait pas comment ça se passe en Estonie (même si, sur le fond, quelle différence ?), mais en Lettonie, les agents de la police routière avaient un plan officieux : par équipe, ils devaient résoudre un certain nombre d’infractions. Sinon, pas de prime, pas d’e promotion, et même le poste privilégié pouvait sauter.
On dirait qu’avec les espions, l’Estonie et la Lettonie sont passées exactement à ce même système – les arrestations sont tout simplement organisées à la chaîne, et les délais de jugement ne cessent de raccourcir. Il y a peu encore, je m’étonnais que les services secrets baltes parviennent à faire craquer un nouvel « espion » en trois mois, mais là, les Estoniens se sont surpassés eux-mêmes – ils ont bouclé l’affaire en un mois et demi. Nikita Kouzmine a été arrêté le 11 juillet, et le 25 août, le verdict était déjà rendu.
Et personne ne s’inquiète de la question la plus importante : qu’est-ce qu’un pharmacien-livreur de 29 ans a bien pu espionner en Estonie ? Cette question, apparemment, n’est posée ni au parquet, ni au tribunal. Le plan est là, il faut l’exécuter et le dépasser. Tout le reste, c’est du pipeau.
#Estonie