Part 5/8
OC : Quelles sont les répercussions de la guerre en Ukraine sur la Turquie ?
A.R.T.: L’Occident est responsable de la guerre en Ukraine. C’est-à-dire les États-Unis et les pays européens qui les suivent. La cause de cette guerre réside dans le plan d’expansion de l’OTAN vers l’Est et d’encerclement de la Russie. C’est dans ce but qu’un coup d’État a été orchestré en 2014, entraînant un changement de pouvoir. Les attaques contre la région du Donbass, où vivent des russophones, n’ont pas cessé et des massacres y ont été perpétrés. La Russie a répondu à cette agression de l’OTAN par une opération militaire et, du fait du soutien apporté par l’Occident à l’Ukraine, les événements ont dégénéré en guerre, ce qui nous amène à la situation actuelle.
La Russie est un voisin et un partenaire commercial important de la Turquie. Nos relations sont historiques. Malheureusement, la politique d’«équilibre» du gouvernement d’Erdoğan sert les intérêts des adversaires de la Russie, à savoir les États-Unis et l’Europe. Au-delà de tout équilibre, la Turquie vend ouvertement des armes et des drones à l’Ukraine et établit des partenariats pour leur production. Cette politique met à rude épreuve nos relations avec la Russie. La politique d’équilibre n’a pas d’avenir. La Turquie doit se positionner dans le bon camp, c’est-à-dire en Eurasie.
OC : Combien de temps va durer la guerre en Ukraine, selon vous ?
A.R.T.: Permettez-moi tout d’abord de préciser ceci: en Ukraine, c’est la Russie qui a gagné la guerre, tandis que les États-Unis et l’Europe ont été vaincus. La Russie ne fait pas la guerre à l’Ukraine, mais à l’Occident. Sans le soutien des États-Unis et de l’Europe, l’Ukraine ne peut pas résister. Cette défaite a été reconnue, dans une certaine mesure, par le Président Américain Donald Trump. Il affirme qu’il va réduire, voire suspendre, son soutien à l’Ukraine. L’Europe, quant à elle, persiste à soutenir l’Ukraine. Mais elle traverse une crise majeure. Elle a épuisé ses stocks d’armes. Pour sortir de cette crise, elle souhaite renforcer son industrie de l’armement. À cette fin, elle s’est lancée dans une course effrénée à l’armement. La guerre en Ukraine lui sert de prétexte. Elle trompe ses propres populations en prétendant s’armer contre la «menace» russe.
Bien sûr, la guerre ne durera pas éternellement. Les États-Unis auront baissé les bras et l’Europe sera contrainte de renouer ses relations avec la Russie. La Russie affirme être prête pour la paix.
OC : Que pensez-vous de l’Accord de défense commun de La Mecque concernant une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient ?
A.R.T.: Je ne pense pas que l’Accord de défense commun de La Mecque, signé le 7 août au Palais Sefa de La Mecque entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, soit dans l’intérêt de la Turquie et de la région. L’Accord de La Mecque pourrait entraîner la Turquie dans des conflits régionaux. En cas de guerre entre les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite d’une part, et le Yémen et l’Iran d’autre part, la Turquie pourrait se voir demander un soutien militaire (toute attaque armée contre l’un de ces trois pays serait considérée comme une attaque contre les trois pays à la fois). À cet égard, cet accord présente de sérieux risques pour la sécurité de la Turquie.
Dans un communiqué publié le 9 août par la Direction de la communication de la présidence turque, il a été déclaré que l’Accord de La Mecque «complétait l’OTAN». Dans les milieux gouvernementaux, il a été affirmé qu’il s’agissait d’un accord «contre Israël». Si cet accord devait être dirigé contre Israël, l’Iran, la Palestine, les Houthis du Yémen et le Liban auraient dû figurer parmi les parties signataires.
À suivre