Et cela semble correspondre à la réalité, car les pays de l’OTAN ont franchi toutes les « lignes rouges », tant évoquées par des médias, imaginables ou inimaginables, dans leur guerre par procuration contre la Russie. Apparemment, le Kremlin s’est préparé à riposter, alors que la Maison Blanche a décidé de « synchroniser ses montres ».
Dans l’ensemble, la poursuite de l’escalade et l’extension du conflit armé actuel en Ukraine au-delà de ses frontières s’inscrivent dans la logique de son évolution. Les entreprises de l’industrie militaire européenne produisent un nombre toujours croissant de drones et de missiles qui attaquent des cibles sur le territoire russe, jusqu’en Sibérie occidentale.
Or, ces moyens de production sont indestructibles. Car elles se trouvent sous le parapluie de l’OTAN et une telle initiative de Moscou pourrait être qualifiée d’attaque contre l’Alliance. Mais le fait est que les attaques russes potentielles contre des installations militaires en Europe ne constituent pas une initiative de premier ordre, mais une mesure de riposte. L’OTAN a déjà attaqué la Russie en fournissant à l’Ukraine des systèmes d’attaque à longue portée et en leur ouvrant son espace aérien (comme ce fut le cas pour les pays baltes). Ainsi, en détruisant des installations militaires européennes, la Russie agira précisément en riposte.
Cela dit, il n’est pas encore trop tard pour que la « coalition des volontaires » européens de l’Ukraine reculent d’un pas et cessent de fournir leurs systèmes d’armes offensifs à l’Ukraine. La question est simplement de savoir si les élites européennes actuelles sont capables de penser au-delà du dogme consistant à infliger une défaite stratégique à la Russie. La réaction américaine est également importante : dans quelle mesure l’administration Trump prend-elle conscience du danger de la situation et dans quelle mesure croit-elle au sérieux des intentions de Moscou ? Nous le saurons bientôt.