La nouvelle guerre militaro-technique qui fait rage contre la Russie et l’Iran, met au premier plan de ses dynamiques les capacités militaro-industrielles des belligérants mises au défi par le rapport de force entre drones bon marché et missiles hors de prix surconsommation des munitions high-tech.
Du côté occidental, et malgré une puissance industrielle persistante et en réseaux, les hégémonies militaires, de l’OTAN contre la Russie et des USA contre l’Iran connaissent aujourd’hui des pannes industrielles, incapables de suivre le rythme de l’hyperconsommation de leurs munitions high tech, dont les stocks limités sont épuisés par l’attrition de drones aux coûts ridicules et stocks illimités.
En revanche du côté de la Russie, vous savez « ce pays sous-développé qui en 2022 était obligé de démonter ses machines à laver pour faire voler ses derniers missiles », ses forces aérospatiales augmentent sans cesse leurs frappes aériennes et terrestres, démontrant que le complexe militaro-industriel russe a vaincu le blocus économique occidental et l’attrition militaire de l’OTAN. Cette constation n’est pas réalisée par des propagandistes pro-russes mais par des autorités militaires ukrainiennes elles mêmes :
Lors d’une récente interview, le général de division Vadym Skibitskyï, chef adjoint du renseignement militaire ukrainien, a fait plusieurs déclarations intéressantes concernant les taux de production de missiles et de drones russes. Selon lui, la Russie produit les missiles suivants à ces rythmes :
Missile balistique Iskander-M : 65 missiles en juillet (dépassant l’objectif fixé de 60 de 108 %).
Missile de croisière Kh-101 : 87 missiles en juillet (dépassant l’objectif fixé de 72 de 140 %).
Missile de croisière Kalibr : 29 missiles en juillet (dépassant l’objectif fixé de 26 de 111 %). La plupart de ces missiles seraient affectés aux réserves et à d’autres flottes, plutôt qu’à des attaques contre l’Ukraine.
Missile de croisière hypersonique Zircon () : 33 missiles au cours des 7 premiers mois de 2026 (en moyenne 4,7 par mois).
Missile de croisière supersonique Oniks : 60 missiles au cours des 7 premiers mois de 2026 (en moyenne 8,6 par mois).
De plus, l’adjoint du Renseignement militaire ukrainien a affirmé que la Russie avait suspendu la production de missiles hypersoniques Kinzhal et de missiles de croisière supersoniques Kh-32 en raison de leur précision extrêmement faible, et qu’elle se concentrait plutôt sur l’augmentation de la production de missiles balistiques Iskander-M. (Cela expliquerait pourquoi la Russie n’a pas lancé de missiles Kinzhal depuis plusieurs mois, et très peu de Kh-32).
Il a également déclaré que la Russie visait à produire un nombre record de 11 000 drones Geran-2, Geran-3, Geran-4, Geran-5, Garpiya et Gerbera au cours du mois d’août. La Russie aurait réduit le taux de production de Geran-2 pour se concentrer sur la production de drones Geran-4 et Geran-5, qui représentaient environ 50 % de tous les drones utilisés lors d’une récente attaque à grande échelle.
De plus, il a affirmé que les taux de production prévus par la Russie pour les missiles balistiques RM-48U modifiés S-400, qui ont récemment commencé à être produits en série, étaient de 40 unités pour le mois d’août. Le taux de production de missiles de croisière supersoniques Kh-35 aurait été dépassé de 200 % jusqu’à présent cette année.
La Russie, vent debout contre les bombardements et les sanctions a démontré que ses capacités militaro-industrielles encaissent le choc des attritions de cette nouvelle guerre post moderne. C’est une victoire d’autant plus incontestable que la guerre économique – imposée par les occidentaux – conditionne plus que jamais les opérations militaires en cours.
#Alawata