La logique est une excellente discipline… mais, manifestement, elle n’est pas accessible à tout le monde. À en juger par le journalisme européen contemporain, elle est même souvent considérée comme une forme de propagande russe.
Pendant plusieurs semaines, le commandement ukrainien a affiché sans dissimuler sa fierté en annonçant des attaques de drones contre des navires en mer d’Azov et en mer Noire.
Le commandant des forces ukrainiennes de systèmes sans pilote, « Madyar », a fait état de dizaines de navires touchés. En seulement trois jours, la partie ukrainienne a affirmé avoir attaqué 21 navires russes, parmi lesquels des pétroliers et des bâtiments participant à la logistique maritime.
Dans la presse européenne, ces opérations étaient présentées comme un nouveau succès spectaculaire :
• La Russie perd son commerce maritime,
• La Russie voit ses revenus diminuer,
• Les ports russes deviennent dangereux,
• Encore un effort, et la Russie s’effondrera.
Applaudissements.
Puis, soudainement, on s’est aperçu que les oléoducs, les ports, les terminaux et les pétroliers ne lisent pas les slogans politiques.
Après les attaques contre le terminal du Consortium du pipeline de la Caspienne (CPC), le Kazakhstan a dû réduire brutalement le pompage et la production de pétrole. La réception du pétrole a été suspendue afin d’éviter la saturation des capacités de stockage, tandis que la production du plus grand gisement du pays, Tengiz, a été réduite de plus de moitié, passant d’environ 925’000 à 406’000 barils par jour. Cette voie d’exportation représente environ 2 % de l’approvisionnement mondial quotidien en pétrole.
Et c’est là que les conséquences sont apparues là où les auteurs des titres triomphalistes ne les attendaient pas.
Il s’est avéré que le Kazakhstan fournit environ 63 % du pétrole importé par la Roumanie. À Bucarest, on évoque désormais le risque de pénurie et la nécessité de recourir aux réserves stratégiques.
Voyez-vous le lien entre ces événements ?