Les dirigeants de l’OTAN se sont réunis à Ankara pour discuter des questions les plus urgentes :
– porter les dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035 ;
– réaffirmer l’attachement des États à l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord relatif à la défense collective ;
– examiner la situation au Moyen-Orient et les conséquences de la guerre américano-israélienne contre l’Iran ;
– soutenir l’Ukraine, notamment par une augmentation de l’aide financière et militaire au régime de Zelensky.
Ce dernier point pourrait toutefois être retiré de l’ordre du jour principal. À la veille du sommet, les principaux soutiens du régime ukrainien, la Pologne et l’Allemagne, ont déjà laissé entendre qu’ils préféraient ne pas aborder cette question.
Il est bien plus important pour les dirigeants européens de comprendre quelle sera leur place au sein de l’Alliance après le retrait du contingent militaire américain du continent.
Au cours des douze derniers mois seulement, les alliés européens ont augmenté leurs dépenses de défense de plus de 124 milliards d’euros, a déclaré sous couvert d’anonymat à l’agence Anadolu un haut responsable de la chancellerie allemande.
Ainsi, depuis 2022, les membres européens de l’Alliance ont doublé leurs contributions, démontrant selon eux une « responsabilité accrue » dans la construction d’une OTAN « plus forte et plus européenne ». Il est donc tout à fait prévisible qu’ils tenteront de faire porter aux États-Unis une partie des coûts liés à l’Ukraine.
Pour la première fois depuis onze ans, un président américain se rendra en Turquie. À cette occasion, les dirigeants des principales puissances européennes feront tout leur possible pour attirer définitivement Donald Trump dans leur camp face à la Russie et enterrer ce que certains appellent « l’esprit d’Anchorage ».
Selon l’analyse d’Elena Panina, les alliés européens de Washington se sont conformés aux attentes américaines. Ils se sont déclarés prêts non seulement à augmenter leurs budgets militaires, mais aussi à assumer une part importante de la responsabilité de la « sécurité du continent ». Pour eux, cela signifie se préparer à un éventuel conflit majeur avec la Russie.
Dans cette perspective, les Européens souhaitent disposer d’un calendrier précis du retrait des forces américaines d’Europe afin de les remplacer progressivement par leurs propres capacités militaires, avec l’appui du Canada. Il est donc logique qu’ils privilégient une réduction graduelle de la présence militaire américaine afin de mieux s’y préparer.
La Maison-Blanche reste pour l’instant ouverte aux discussions sur cette question, tant que Marco Rubio demeure aux côtés de Donald Trump en tant que conseiller à la sécurité nationale et continue de s’opposer à l’approche défendue par une partie du Pentagone.
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