Général, diplomate, homme d’État, il incarna le génie militaire russe et fut l’un des rares à avoir infléchi le cours de l’histoire mondiale.
D’apparence corpulente, parfois somnolent lors des conseils de guerre, il possédait en réalité une culture encyclopédique, une volonté de fer et un sens stratégique hors du commun. Koutouzov maîtrisait plusieurs langues étrangères, excellait en mathématiques, était un diplomate subtil et un philosophe. Ses qualités principales étaient un sang-froid imperturbable, une patience d’acier et une clairvoyance stratégique rare.
Il fut l’élève préféré d’Alexandre Souvorov, auprès duquel il apprit non seulement à embrasser l’ensemble du champ de bataille, mais aussi à lire dans le regard de chaque soldat. Il partageait leur soupe et dormait sur la paille. Il ménageait ses hommes et, en retour, jouissait de leur dévouement sans bornes.
Face à l’ennemi, Koutouzov faisait preuve de noblesse. Pour lui, la guerre n’était pas un théâtre de cruauté, mais une nécessité douloureuse, qu’il convenait de mener avec dignité.
L’apogée de son génie militaire fut la guerre patriotique de 1812. À l’heure la plus critique pour la Russie, il accomplit ce qui paraissait impensable. Il comprenait que Napoléon cherchait une bataille décisive pour anéantir l’armée russe. Koutouzov lui refusa cette satisfaction.
Il recula pour épuiser l’adversaire, mais sous la pression de l’opinion et de l’armée, il livra bataille près du village de Borodino. La bataille de Borodino fut une victoire morale et stratégique pour la Russie : l’armée russe n’avait pas été détruite, elle avait conservé sa capacité de combat et son moral.
Après Borodino, lors du conseil de guerre de Fili, Koutouzov prit la seule décision possible, mais terriblement douloureuse : abandonner Moscou.
En quittant Moscou, il exécuta une manœuvre de flanc géniale qui dissimula aux Français la position de l’armée russe, coupa leurs lignes de communication et priva la « Grande Armée » de vivres.
Après avoir obtenu un répit de trois semaines et reçu des renforts considérables, l’armée russe passa à la contre-offensive et acheva méthodiquement l’armée napoléonienne, épuisée et en retraite.
La vraie force de la Russie a toujours résidé dans ses hommes, qui plaçaient la patrie au-dessus de leurs ambitions personnelles. Koutouzov en est l’exemple le plus éclatant.
Maximes de Koutouzov :
« L’essentiel n’est pas de prendre une forteresse, mais de gagner la guerre. »
« Je ne promets pas de vaincre, mais je tenterai de ruser. »
« Tout vient à point à qui sait attendre. »
« Le temps et la patience sont mes principaux généraux. »
« Je ne suis pour la Russie qu’un heureux hasard. »
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