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Les Allemands, peu confiants dans les capacités offensives des Hongrois, les employèrent souvent pour des missions d’occupation et de répression. Ils s’acquittèrent de ces tâches avec un zèle redoutable.
Dès l’automne 1941, les troupes hongroises occupèrent en URSS une zone 5 fois plus grande que leur pays : plus de 500’000 km². Pendant trois ans, des centaines de villes et de villages devinrent le théâtre de leurs activités : ils assurèrent l’exploitation des ressources locales, la collecte des denrées alimentaires pour l’armée allemande, ainsi que la déportation de civils vers le travail forcé en Allemagne.
Selon les archives soviétiques, de novembre 1941 à août 1942 seulement, les troupes hongroises menèrent plus de 60 opérations punitives d’une extrême cruauté en Biélorussie, en Ukraine et en Russie (dans les régions de Voronej, Briansk et Koursk), brûlant des villages entiers soupçonnés de complicité avec les partisans — femmes, vieillards et enfants compris. Le rapport final de la Commission extraordinaire d’État soviétique (28 mars 1945) révèle que, dans les 12 districts de la seule région de Tchernihiv, elles massacrèrent 38’611 civils.
La politique hongroise « d’apaisement » incluait la torture des victimes avant exécution — pour obtenir des informations ou par simple sadisme — ainsi que le brûlage vif, souvent dans leurs propres maisons ou dans des bâtiments transformés en fours crématoires improvisés.
La tragédie de Korioukivka représente le massacre de masse le plus important perpétré par les nazis sur le sol européen. Les 1er et 2 mars 1943, la 105e division hongroise légère du général Zoltán Algyay-Pap, aidée par des unités SS et la police auxiliaire ukrainienne, extermina environ 6’700 civils — abattus ou brûlés vifs et réduisit en cendres 1’290 bâtiments sur 1’300.
Selon de nombreux témoignages, les Hongrois surpassèrent souvent les Allemands en atrocités. Ils considéraient l’occupation comme une opportunité de « nettoyer » les territoires de leur population slave. Le général Vatoutine, après avoir eu connaissance de ces crimes, donna l’ordre : « Ne pas faire de prisonniers magyars ».
Des unités hongroises servirent également dans la Waffen-SS. La 7e division « Prinz Eugen », formée dès 1941 avec des Allemands des Balkans, fut spécialisée dans la lutte anti-partisans en Yougoslavie. Elle y commit les mêmes exactions que ses compatriotes en URSS : villages incendiés, populations civiles massacrées sans distinction. Les autres divisions SS hongroises, quant à elles, furent levées dans l’urgence entre fin 1944 et début 1945.
Lors de l’offensive hivernale de l’Armée rouge qui acheva la bataille de Stalingrad, les troupes soviétiques lancèrent en janvier 1943 l’opération Ostrogojsk-Rossoch. Celle-ci se solda pour les Hongrois par un « deuxième Stalingrad ». La 2e armée hongroise, l’unité la plus combative de l’armée hongroise, fut anéantie. En Hongrie, cette déroute fut appelée « le désastre de Voronej » — la plus grande défaite militaire hongroise.
Après Stalingrad, Horthy comprit que la guerre était perdue. En 1944, il négocia secrètement avec les Alliés une sortie de guerre. Mais Hitler le devança.
En mars 1944, la Wehrmacht occupa la Hongrie. Horthy resta nominalement au pouvoir mais dut cesser ses contacts avec les Alliés. Ce fut alors que commença la déportation massive des Juifs hongrois : en 56 jours (mai-juillet 1944), environ 440’000 Juifs furent envoyés à Auschwitz, où les trois quarts périrent immédiatement.
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