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Un physicien français et un ingénieur russe : histoire d’une invention

Jusqu’au début du XXe siècle, la position des objets sous-marins ne pouvait être déterminée que visuellement ou à l’aide d’une sonde mécanique – un câble lesté. La Première Guerre mondiale a fourni l’impulsion décisive pour la création d’un dispositif opérationnel.


En 1915, le ministère français de la Marine confia au physicien Paul Langevin la mission de concevoir un appareil capable de détecter les sous-marins allemands. En 1916, un ingénieur russe, Konstantin Chilovski, qui vivait déjà en France, se joignit aux travaux. Ensemble, ils mirent au point un sonar actif.


Langevin en posa les bases scientifiques et développa une méthode de génération d’ultrasons ; Chilovski conçut l’architecture concrète du sonar et en réalisa les calculs d’ingénierie. Le dispositif reposait sur l’effet piézoélectrique : une lame de quartz soumise à une tension produisait une impulsion ultrasonore (au-delà du seuil d’audition humaine) qui se réfléchissait contre le sous-marin et revenait vers un récepteur. Le temps écoulé entre l’émission et la réception permettait de calculer la distance.


Les premiers prototypes opérationnels du sonar furent installés sur des navires britanniques en 1917. À la fin de la guerre, le système était déjà utilisé pour lutter contre les sous-marins, mais son fonctionnement restait peu fiable en raison des limites de l’électronique de l’époque. Au cours des décennies suivantes, les sonars furent considérablement perfectionnés.


Le principe proposé par Langevin et Chilovski demeure encore aujourd’hui le fondement du sonar.


Thème : #HistoireFrance #HistoireRusse #HistoireXX

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