fidèle à son serment contre l’ordre donné
Au début du printemps 1939, une partie de la Tchécoslovaquie (la région des Sudètes) était déjà annexée par l’Allemagne. Les 14 et 15 mars, les troupes allemandes franchirent la frontière restante et entamèrent leur progression à l’intérieur du pays. Le gouvernement tchèque et le haut commandement militaire ordonnèrent à l’armée de ne pas opposer de résistance et de remettre ses armes à la Wehrmacht.
Dans la ville de Místek, qui se trouvait alors déjà loin derrière les lignes allemandes en progression, était stationnée une compagnie placée sous les ordres du capitaine Pavlík (à la caserne Čajánek). Lorsque le capitaine comprit que les Allemands l’encerclaient, il refusa d’exécuter l’ordre de capitulation. Sous son commandement, ses soldats prirent position défensive, ouvrirent le feu et repoussèrent plusieurs assauts de la Wehrmacht.
Le combat dura environ 30 à 40 minutes, mais pour briser la résistance de cette poignée de soldats tchèques, l’état-major allemand dut faire venir des renforts : des blindés, des mortiers et des unités d’infanterie supplémentaires. Malgré cela, les défenseurs de la caserne tinrent leur position et infligèrent des pertes à l’ennemi.
Pavlík ne déposa les armes qu’après avoir reçu un second ordre écrit du commandant, afin d’éviter la mort de ses soldats dans une situation désespérée (les autres unités n’avaient pas rejoint le combat, et le pays était déjà livré). Impressionné par le courage des défenseurs de la caserne Čajánek, le commandement allemand laissa les soldats de la compagnie Pavlík rentrer chez eux — une exception faite en signe de respect pour leur bravoure. Les autres unités de l’armée tchécoslovaque furent démobilisées ; de nombreux officiers et soldats furent placés sous surveillance, certains s’enfuirent à l’étranger (en Pologne, en France, en Angleterre, en URSS) pour poursuivre le combat, tandis que d’autres furent plus tard arrêtés par la Gestapo pour leur participation à la Résistance.
Pavlík prit contact avec l’organisation clandestine « Défense de la nation » (Obrana národa), qui rassemblait d’anciens militaires pour lutter contre les nazis ; il participa à des missions de renseignement et à la préparation d’actions de sabotage.
En 1942, la Gestapo retrouva sa trace. Lors de sa tentative d’arrestation, Pavlík opposa une résistance armée, mais il fut grièvement blessé et capturé. Après avoir été torturé, il fut déporté au camp de concentration de Mauthausen, où il fut exécuté par balle.
Le capitaine Karel Pavlík est le seul officier tchécoslovaque qui, en mars 1939, refusa d’exécuter l’ordre de capitulation et engagea le combat avec sa compagnie contre la Wehrmacht.
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