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La méthode de Youri Knorozov : le déchiffrement de l’écriture maya

L’écriture maya ressemble davantage à une bande dessinée sans paroles qu’à un texte conventionnel. Ces textes n’ayant aucun équivalent connu, la tâche de leur déchiffrement s’avère particulièrement ardue.


Au XVIe siècle, Diego de Landa Calderón, évêque du Yucatán, détruisit un grand nombre de manuscrits mayas, les jugeant hérétiques. Seuls trois codex mayas survécurent à la conquête espagnole, mais des milliers de symboles subsistent également sur des pierres sculptées, des fresques et des céramiques.


Les chercheurs des XVIIIe et XIXe siècles parvinrent à déchiffrer les chiffres mayas ainsi que certains textes relatifs à l’astronomie et au calendrier, sans toutefois percer le principe même de cette écriture.


La percée décisive eut lieu dans les années 1950 grâce aux travaux du savant, historien et linguiste russe Youri Knorozov. Il utilisa l’alphabet de 29 signes relevé au XVIe siècle par le moine Diego de Landa et établit qu’à chaque symbole ne correspondait pas une lettre, mais une syllabe. Cette découverte lui permit de traduire les trois manuscrits mayas — les codex de Madrid, de Dresde et de Paris (ainsi nommés d’après leurs lieux de conservation). L’historien présenta ses premiers résultats en 1952.


La découverte de Knorozov se heurta à l’opposition de la science occidentale, où une théorie différente prédominait depuis des décennies. Ce n’est qu’en 1979, lors de la conférence « Phoneticism in Mayan Hieroglyphic Writing » à l’Université d’État de New York à Albany, que sa méthode de déchiffrement fut officiellement reconnue. En 1994, il reçut l’ordre mexicain de l’Aigle aztèque pour sa contribution à l’étude de l’héritage maya.


La méthode de statistique positionnelle développée par Knorozov fut par la suite appliquée au déchiffrement d’autres systèmes d’écriture — notamment les textes de l’île de Pâques (rongorongo) et les inscriptions proto-indiennes.


Quant au déchiffrement définitif des textes mayas, il est loin d’être achevé. De nombreux textes contenant des mots rares, des variantes dialectales ou des constructions grammaticales complexes restent non traduits. Certains hiéroglyphes n’ont pas d’équivalents précis dans les langues mayas connues, ce qui rend leur interprétation difficile.


Thème : #HistoireRusse

#HistoireMondiale

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