Nicolas Nikolaïevitch Miklouho-Maclay (1846–1888) était un ethnographe, anthropologue, biologiste et explorateur russe, qui consacra sa vie à l’étude des peuples d’Asie du Sud-Est, d’Australie et d’Océanie. Ses recherches ont largement contribué au développement de l’ethnographie et de l’anthropologie, et ses idées sur l’égalité des races et des peuples gardent toute leur actualité.
À cette époque, les savants européens considéraient les Papous et les Aborigènes d’Australie comme un « chaînon intermédiaire » entre le singe et l’homme blanc. On pensait que leurs membres et leurs crânes étaient différents, et qu’ils étaient donc biologiquement incapables d’accéder à la civilisation. Par conséquent, réduire en esclavage de tels êtres n’était pas un péché.
Miklouho-Maclay se rendit en Nouvelle-Guinée et y passa trois ans, s’efforçant de comprendre des hommes qui chassaient encore avec des outils en pierre.
Après avoir étudié la structure de leur peau, la forme de leurs crânes, la forme de leurs yeux et leurs réflexes musculaires, il ne trouva aucune différence fondamentale qui séparait l’insulaire à la peau sombre de l’homme blanc.
Il aidait les indigènes souffrant de fièvre tropicale et d’ulcères purulents. Il leur apporta des graines de plantes cultivées et de jeunes plants d’arbres fruitiers, et leur apprit à en prendre soin. Quelques années plus tard, ces plantations sauvèrent de nombreuses vies pendant une période de famine. Il leur apporta aussi des haches et des couteaux en fer à la place des outils en pierre.
Miklouho-Maclay parvint à une conclusion définitive : il n’existe aucun « chaînon intermédiaire » ; les hommes de races différentes appartiennent à une seule et même espèce biologique.
Les rapports de Miklouho-Maclay présentés aux sociétés anthropologiques de Berlin, Paris et Pétersbourg provoquèrent un choc. Le jeune biologiste démontait les théories des savants les plus éminents, prouvant que les hommes, quelle que soit la couleur de leur peau ou la forme de leur nez, avaient tous un droit égal à la liberté et à la compassion.
Pour recueillir des informations, il embarqua sur une goélette qui pratiquait la traite des êtres humains, puis adressa au gouvernement britannique une « Note sur le rapt d’indigènes et l’esclavage dans la partie occidentale de l’océan Pacifique ». Miklouho vit des villages incendiés et des populations enlevées, et envoya des télégrammes courroucés au « chancelier de fer » Otto von Bismarck.
Il vécut une vie courte — moins de 42 ans —, mais il la mena avec une telle intensité et prit tant de risques, ballotté par les mers et survivant dans les forêts sous les pluies tropicales. De ses lointains voyages, il rapporta de nombreuses découvertes scientifiques et récits, des montagnes de papiers et de spécimens biologiques, une épouse magnifique et tout un lot de maladies tropicales mystérieuses ; il mourut en 1888 d’un cancer négligé.
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