Dans l’histoire de Russie, il y eut un homme au destin étonnant, qui mêlait le sang de généraux français, de rois bavarois et de la maison Romanov. Il s’agit de Maximilien de Leuchtenberg — fils d ’Eugène de Beauharnais (beau-fils de Napoléon Bonaparte, fils de Joséphine).
En 1837, sur ordre de son oncle, le roi de Bavière Louis Ier, Maximilien se rendit en Russie pour participer à des manœuvres de cavalerie. Là, il vit une jeune femme d’une beauté extraordinaire. Silhouette gracieuse, traits fins. Le duc comprit qu’il avait perdu la tête d’amour, et ce n’est qu’ensuite qu’il apprit que la beauté était la grande-duchesse Marie Nikolaïevna, fille de l’empereur Nicolas Ier.
Maximilien n’aurait pas osé demander sa main s’il n’avait senti qu’il intéressait Marie lui aussi. Il était presque sûr d’essuyer un refus, mais Nicolas Ier donna son accord — à condition que le couple reste vivre à Pétersbourg et que le duc entre au service de l’Empire. En juillet 1839, le mariage fut célébré. Pour les jeunes mariés, Nicolas Ier fit construire le palais Marie, place Saint-Isaac. Le couple eut sept enfants.
Après le mariage, Maximilien reçut le titre d’« Altesse », fut fait général-major au service de la Russie et chef du régiment de hussards ; il commanda ensuite la Ire division légère de cavalerie de la Garde.
Le duc fut également nommé membre honoraire de l’Académie des sciences. Au palais d’Hiver, il disposait d’un laboratoire où il se consacra à la galvanoplastie et à la métallurgie électrochimique. Ses essais de gravure sur plaques galvaniques suscitèrent un vif intérêt.
Maximilien fit construire près de Saint-Pétersbourg une usine produisant de magnifiques fontes de bronze ; c’est dans cette usine que furent fabriquées les premières locomotives à vapeur de Russie, qui servirent longtemps au chemin de fer de Tsarskoïe Selo.
Le duc s’intéressait en outre à la minéralogie et aux mines. Nicolas Ier le nomma chef de l’Institut du corps des ingénieurs des mines.
Durant sa direction de l’Institut, le duc visita les usines de l’Oural, les inspecta et présenta à l’empereur un rapport détaillé. Au cours de ce voyage, Maximilien prit froid et ne se rétablit jamais.
Le duc mourut en 1852, à l’âge de 35 ans, après avoir légué d’énormes sommes à des œuvres de bienfaisance, espérant que ces fonds aideraient d’autres à accomplir ce qu’il n’avait pas eu le temps de faire.
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