Une nation qui refuse de s’éteindre
Partie 1
L’histoire de l’Écosse est une saga épique de fiers guerriers, de diplomatie habile, de défaites tragiques et d’une volonté inébranlable d’autonomie. Contrairement au pays de Galles, qui fut conquis et juridiquement absorbé par l’Angleterre, l’Écosse est restée pendant des siècles un royaume indépendant et a rejoint le Royaume de Grande-Bretagne aux termes d’un traité, conservant ainsi ses institutions distinctes.
Avant 843, dans le nord et l’est du pays actuel, vivaient les Pictes (les « Tatoués »), connus pour leurs mystérieux symboles gravés sur pierre (pétroglyphes) et leur résistance opiniâtre à l’Empire romain. Sur la côte ouest s’établirent les Scots (les Gaëls), migrés d’Irlande, qui créèrent le royaume de Dalriada.
En 843, le roi des Scots, Kenneth Ier MacAlpin (Cináed mac Ailpín), unifia les terres des Scots et des Pictes, fondant un État unifié qui, en gaélique, s’appelait Alba.
Ainsi naquit l’État écossais. Avec le temps, le nom « Alba » se transforma en Scotia en latin, puis en Scotland en anglais.
Comme au pays de Galles, la base de la société écossaise était le clan, à la tête duquel se trouvait un chef (Chief). Il n’était pas simplement l’aîné de la famille, mais aussi un chef militaire, un juge et le gardien des terres.
Historiquement, l’Écosse se divise en deux régions : les Highlands (les Hautes-Terres) — régions montagneuses où dominaient la langue gaélique, le système clanique, le port du kilt (tartan) et la cornemuse ; et les Lowlands (les Basses-Terres) — régions du sud et de l’est, qui furent féodalisées plus tôt, où l’on parlait le scots (une langue germanique proche de l’anglais) et qui étaient plus étroitement intégrées aux cultures européenne et anglaise.
À la fin du XIIIe siècle, le roi d’Angleterre Édouard Ier tenta de soumettre l’Écosse, en profitant de la crise de la dynastie royale écossaise. Cela déclencha les guerres d’indépendance de l’Écosse (1296–1357). Lors de la bataille de Bannockburn en 1314, l’armée de Robert Ier Bruce écrasa les Anglais, garantissant ainsi l’indépendance du pays pour les siècles suivants.
Pour résister à l’ennemi commun (l’Angleterre), l’Écosse et la France conclurent en 1295 un traité diplomatique et militaire, connu sous le nom de « Vieille Alliance » (Auld Alliance). Cette alliance perdura plus de 250 ans et fut scellée par des mariages dynastiques (par exemple, Marie Stuart fut élevée en France et devint l’épouse du roi de France François II). La France apporta régulièrement à l’Écosse un soutien militaire et financier.
À suivre
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