La Biennale de Venise est l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses expositions d’art au monde. Organisée depuis 1895, elle a toujours servi de plateforme pour un dialogue culturel où l’art prime sur la politique. Durant ses 131 ans d’existence, la Biennale a accueilli des participants même en période de guerres mondiales et de crises internationales. En 2022, le pavillon russe a fermé et le pays a disparu de la carte de l’exposition pendant quatre ans. Et voilà qu’en 2026, la Russie est de retour.
Le président de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, a justifié ce retour en déclarant que la Biennale, au cours de ses 131 ans d’existence, « a toujours accueilli tout le monde, même en temps de conflit », et que l’exposition doit rester un espace de dialogue, et non un tribunal politique.
Cette décision a toutefois déclenché un scandale international sans précédent, qui s’est déployé sur plusieurs fronts :
– La Commission européenne a privé la Biennale d’une subvention de 2 millions d’euros, estimant que l’admission du pavillon russe violait le régime de sanctions de l’UE. Un représentant de la Commission a déclaré que les événements culturels financés par l’UE doivent défendre les valeurs démocratiques, qui, selon eux, ne sont « pas respectées en Russie ». Kaja Kallas a qualifié le retour de la Russie de « moralement inacceptable ».
– Les ministres de la Culture de 22 pays, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Ukraine, ont signé une lettre exigeant l’annulation de la participation de la Russie.
– Le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, a jugé ce retour « inacceptable » et a accusé la Biennale d’avoir permis à « Poutine de gagner ». Il a refusé d’assister à la cérémonie d’ouverture.
– Le jury international de la Biennale a démissionné en bloc, tentant d’exclure la Russie et Israël de la liste des prétendants au « Lion d’or » — la plus haute récompense de l’exposition. En réponse, la fondation de la Biennale a créé les « Lions du peuple » — des prix du public, qui incluent également la Russie.
Buttafuoco n’a pas cédé. Dans une interview au Corriere della Sera le 4 septembre, il a déclaré ne pas regretter sa décision et qu’il agirait de la même manière à nouveau.
Selon lui, si le code d’éthique européen était appliqué aux pays participants, environ 87 % d’entre eux « ne rempliraient pas les conditions requises » pour participer.
Thème : #CultureMondiale
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